Après l’allégeance de Matungulu au président protocolaire, quelles perspectives pour « LAMUKA ! » ?

Le grand et fascinant Congo, pour lequel Simon Kimbangu, Patrice-Emery Lumumba, Rossy Tshimanga Mukendi et autres Paluku Kamala Defao ont vaillamment offert leur jeunesse et leur vie est une vive attraction universelle. Ce précieux patrimoine, qui génère passionnément toutes les convoitises visibles et invisibles, les appétences et gourmandises de toutes les races, de toutes les chancelleries du monde, est néanmoins aujourd’hui un legs, qui revient de droit à des irresponsables, des voyous, des traîtres et des collabos ; qui ne le méritent pas, toujours incapables de s’en approprier réellement et de le défendre convenablement. Car, si elle devait se concrétiser un jour, une telle perspective - les Pères de la décolonisation congolaise ont su brillamment en faire la démonstration - passe forcément par une volontariste union nationale, la cohésion patriotique et des sacrifices aussi bien financiers qu’humains. A quand alors une vraie cagnotte commune pour des actions patriotiques d’envergure et une véritable armée nationale de libération ? Telles sont les conditions sine quibus non et seuls atouts à même de redonner aux Congolais la souveraineté sur le Congo. Il est donc plus que temps, pour les Congolais de la diaspora notamment, de se mettre ensemble pour examiner lucidement et avec un peu plus de pragmatisme les modalités pour ouvrir cette cagnotte et monter cette armée.

Il en est de Matungulu, comme il en va de Nyamwisi ; leur désertion de « LAMUKA ! » semble alléger cette plate-forme de nombreuses hypothèques, qui torpillent son décollage, et lui ouvre plutôt de radieuses opportunités. Né par son organe dirigeant, mais paradoxalement destiné à se muer en mouvement de masse, « LAMUKA ! » a effectivement à gagner dans le démantèlement de ce nid à vipères, que constitue son praesidium, pour faire émerger un leadership méritant, clair et allégrement légitimé. Statuant sur son aura, la confiance qu’il inspire, son assiduité au combat, sa constance, sa détermination et son patriotisme aux relents lumumbistes, qui tranche de manière sublime d’avec l’affligeante transhumance caractéristique des acteurs politiques congolais d’aujourd’hui, certains sympathisants de « LAMUKA ! » n’avaient pas hésité à inviter l’Elu du 30 décembre 2018 à démissionner de ce funeste praesidium au profit d’un cavalier en solo. Mais, réhabilitant le factuel aux dépens des spéculations, nous pensons que l’occasion est plutôt offerte au Commandant du peuple de pousser d’autres rebuts à la porte pour prendre les choses en main et restructurer subséquemment le mouvement en vue des combats politiques majeurs ; là où d’autres quêtent des places à la mangeoire. Et, dans cette perspective, la porte devrait s’ouvrir davantage pour apurer au mieux l’encombrant praesidium. Car, comme le fiasco du safari de Katumbi et l’anonymat de la tournée de Bemba ont fini par le démontrer, c’est en Fayulu que le peuple congolais reconnaît le leadership de « LAMUKA ! ».

Un révélateur !

Tintinnabulement appelé leader de la première force politique et la plus populaire du moment, Freddy Matungulu n’est politiquement en réalité qu’un ragotin qui, par des revirements à répétition, illustre et confirme sa pâle image de politicailleur ; celui dont les pratiques patibulaires et méprisables discréditent par ailleurs toute la classe politique congolaise contemporaine. En effet, par sa participation au processus de désignation du candidat commun de l’opposition, Matungulu a été mis en lumière et assimilé aux autres leaders auto-proclamés de « LAMUKA ! ». Mais en fait, ne représentant que lui-même à toutes les strates de la communauté congolaise. Qu’a-t-il apporté à la campagne électorale de l’opposition ? Aux institutions politiques issues des scrutins ? Au combat politique post-électoral de « LAMUKA ! » plongé, malgré lui, dans la plus grave crise institutionnelle et morale de l’histoire du pays ? Professeur d’université et ancien haut fonctionnaire international, on aurait pu attendre de lui une certaine hauteur d’esprit. Son allégeance au principal auteur de la crise et son corrélatif retour confirmé dans l’oligarchie kleptomane qui, par des actes les plus ignobles, des antivaleurs de toute sorte, ne s’offusque pas à se ridiculiser devant l’opinion internationale et à s’exposer aux condamnations des chancelleries étrangères et institutions supranationales témoignent d’une éthique personnelle largement sujette à caution. Quel dommage son départ inflige-t-il à « LAMUKA ! » ? Seuls, ses propres inconditionnels, seraient peut-être portés à y voir une perte quelconque pour la plate-forme patriotique. Car, pour le peuple congolais et pour l’histoire, la sentence est déjà tombée. Elle est bien sévère et définitive. A l’instar de Boshab et autre Mende, Matungulu rejoint désormais la bande des racailles qui, obsédés par la mangeoire, pullulent les ineptes et prévaricatrices institutions congolaises. Une insulte de plus à notre intelligentsia !

Un pari risqué !

Habitué au confort des postes à haute responsabilité, Matungulu témoigne, par son empressement précipité et par la flatterie de son discours d’allégeance, l’évidence de sa lassitude à rester dans une résistance. Il rejoint ainsi son débaucheur à la mangeoire kanambiste. Mais, en réalité, que gagne Tshilombo par cette stratégie de démolition de l’opposition par l’enrégimentement des individus politiquement insignifiants ; alors qu’autour de lui et dans son camp, le chômage bat son plein ? Co-fondateur de « LAMUKA ! », mais aujourd’hui paravent de la kleptocratie régnante, le fils d’Etienne doit connaître assez bien les qualités de ses anciens compagnons et choisit opportunément ceux sur qui s’appuyer dans la guerre ouverte pour l’hégémonie nationale et l’impérium. De même, pour les échéances électorales futures ainsi que d’autres combats politiques en perspective, il ne se gênera pas de convertir en alliés des ennemis à même de lui compliquer la tâche. Mais, dans la précipitation où ce débauchage a été opéré, ces paris politiques complexes s’avèrent risqués, voire même bien périlleux, à plus d’un titre.

De manière globale, force est de spéculer sur l’accueil ou la recevabilité que le grand public, militants et sympathisants du parti présidentiel en prime, réserveront à ce penchant à couvrir les adversaires de grandes largesses ; alors que la meute prosélytiste n’a, en partage, que des souvenirs assez pitoyables des sacrifices consentis, un tas lugubre des dèches quotidiennes, des privations et des désespérances. Ce qui peut renforcer l’impression, déjà largement partagée, que le microcosme politique congolais est une bande fermée, organisée selon un système aristocratique de copinage ; où on ne se gêne pas à se partager publiquement avantages et positions lucratives entre amis, tout en enfermant la masse combattante dans l’apologie du sacrifice et de l’attentisme. Voilà l’occasion de rappeler que, réflexe d’indignation et de réprobation face à des situations ressenties comme iniques, la révolte et la rébellion ne surgissent pas toujours spontanément. Elles sont souvent les résultantes explosives des ingratitudes endurées, des injustices éprouvées, des vexations emmagasinées, des ressentiments accumulés, des revendications non satisfaites pendant des lustres et qui, subitement, s’expriment alors avec violence, une fois arrivées au paroxysme du supportable.

Froide, implacable et évidente depuis belle lurette, c’est peut-être l’oligarchisation croissante du régime kleptocratique qui porte les germes de son autodestruction. La supercherie avec le simulacre de changement imposé par marionnettisme à la tête de l’Etat a certes eu ses effets de circonstances. Mais, avec le temps, ceux-ci ne tarderont pas à s’effriter à l’aune des réalités. Le comble de la paupérisation populaire, les sentiments de mépris et d’abandon notamment semblent à nouveau palpables. Ils peuvent accélérer le mécontentement général et pousser au soulèvement populaire redouté. Le débauchage d’un nain politique ne saurait le déjouer !

Un dénouement prévisible !

Avec le débauchage de Matungulu, la volonté de Tshilombo de jeter du lest dans les mêlées politiques congolaise avec vif espoir de triompher de la bagarre de leadership national est manifeste ; mais l’épilogue des hostilités, qu’il a ainsi ravivées, risque fort, néanmoins, de se solder davantage à son détriment qu’à son profit. Car, semble-t-il, il table sur des réalités politiques plutôt fugaces et sur une lecture erronée de la situation. En effet, si son principal objectif visé consiste, selon toute vraisemblance, à discréditer « LAMUKA ! » dans l’opinion et miser, à terme, sur son implosion ; la manœuvre paraît étriquée et vouée à l’échec. D’ailleurs, les réactions populaires instantanées dans les réseaux sociaux ont déjà donné le ton par leur promptitude à minimiser la portée de l’opération. Certaines, spécialement celles émanant des sympathisants déclarés de « LAMUKA ! » ont même été jusqu’à se réjouir de cette nouvelle manigance de l’usurpateur. Elles brandissent le départ de Matungulu comme un bon débarras et mettent en exergue naïveté et incurie de l’usurpateur, affligeant allié et collabo des occupants. En fait, la réalité est que trop terne, Matungulu n’avait non seulement aucun poids dans cette plate-forme patriotique, mais en plus, ventriloque comme d’autres de son acabit, sa présence y était jugée, depuis le début du processus, imméritée, hasardeuse, voire odieuse et encombrante.

Succédant au départ de son alter ego Nyamwisi et préfigurant d’autres transhumances, ce dégraissage inespéré donne généreusement à l’Elu du peuple des coudées franches pour mieux imposer son leadership sur le mouvement dont il est, aux yeux des authentiques patriotes résistants congolais, à la fois et de loin, aussi bien l’émanation que l’incarnation de « LAMUKA ! ». Ce n’est pas le Premier-ministre honoraire, le bien futé Adolphe Muzito Fumutshi, qui nous contredira ou le lui contestera sur le tas. Dès l’annonce de cette maladroite machination des traîtres, Muzito était le plus prompt à en évaluer publiquement la portée. Toujours pondéré et dans un élan réflexif reflétant une intelligence vive bien saillante, l’habile tacticien politique a rapidement résumé la situation et posé clairement le décor. Pour lui, et il est difficile de voir les choses autrement, « Fcc et Cach changeraient les rapports de forces dans le peuple contre de « LAMUKA ! » et Martin Fayulu, non pas en recrutant dans de « LAMUKA ! » ; mais en obtenant l’adhésion du peuple à leur cause ; qui n’est malheureusement autre que la continuité du régime contre lequel celui-ci a voté ». Et pour mieux tordre le coup à la polémique et fixer les esprits une fois pour toutes, il a eu l’inspiration de marteler encore plus fort : « de « LAMUKA ! » ne disparaîtra que quand CACH et FCC auront brisé les liens entre ce peuple et Martin Fayulu, Président élu et leader que celui-ci s’est choisi pour 5 ans ». Voilà qui s’avère un brillant résumé de l’épilogue prévisible de cette conspiration maladroitement ourdie par des néophytes !

Priorité à la libération du Congo !

Partageant parfaitement et pleinement cette pertinente perception de la donne politique congolaise du moment, nous estimons que Fayulu est désormais en bien meilleure position pour incarner seul le leadership de « LAMUKA ! » et souhaitons le voir recourir à des principes et procédures démocratiques pour déverrouiller, restructurer et relancer la plate-forme sur des bases plus saines. C’est pourquoi un congrès serait la voie royale pour convertir l’état d’esprit « LAMUKA ! » en mouvement de masse ; propre à fédérer toutes les velléités de résistance patriotique en cours, se transformer épisodiquement en mouvement hétéroclite, un puissant « attrape-tout » susceptible de se cristalliser sur diverses insatisfactions de l’heure et sur d’autres revendications pendantes pour mener la vie dure aux traîtres et collabos, qui ne sont que des pantins, gagner les joutes politiques présentes et avenir, se positionner avantageusement dans la perspective de toute éventuelle échéance électorale. Car, on ne le dira jamais assez, la raison d’être de « LAMUKA ! » et sa priorité des priorités n’est autre que la libération du Congo. Corrélativement, nous devons identifier clairement les ennemis pour adapter les armes de combat. Ainsi, si le grand génocidaire Kagame est notre principale cible ; nous prendrons aussi en compte que celui-ci procède, le procès de Bosco Ntaganda à la CPI vient de le réaffirmer, par des intermédiaires et par procuration. En notre point de mir, nous aurons, certes son cheval de Troie au Congo, Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila Kabange (Le Raïs) ; mais également les alliés locaux de ce dernier, les collabos et traîtres du peuple congolais. Au premier rang de ceux-ci, le receleur du rocambolesque putsch électoral de décembre 2018. Nous nous attelons à concevoir un mémorandum pour soumettre, en temps opportun, ces orientations et recommandations au Président élu par un peuple en quête de changement. Car, au vu de la recrudescence de toutes ces scènes insolites, notamment à l’Est du Congo, l’essentiel, finalement, c’est de ne pas arriver trop tard ou d’être étouffés avant la moindre réaction.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa