Appel au printemps congolais pour conjurer le retour en force du Raïs !

Enfin, dirions-nous, à l’instar du soudanais et de l’algérien, l’heure du printemps congolais a peut-être sonné ! En effet, en plus de la stratégie maladroite de l’intimidation policière, il y a au moins une autre leçon à tirer du retour triomphal du Président élu, Martin Fayulu Madidi (Mafa), à son bercail congolais, à la suite d’un périple, également éblouissant, dans la diaspora congolaise et auprès des chancelleries occidentales. C’est le sentiment que tout, et absolument tout, peut désormais arriver, dans un sens comme dans l’autre, à n’importe quel moment et à n’importe qui ; notamment le déboulonnement précipité du receleur par l’arnaqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018. Car, malgré leur deal et la réussite de la planification politique de génie, les tripatouilleurs sentent néanmoins et inexorablement le sable de plus en plus mouvant sous leurs bottes. Pris au dépourvu par un peuple lui-même politiquement réveillé et vivement mobilisé, ils doivent dorénavant composer avec la solidité inopinée de « Lamuka ! » et l’inflexible détermination du Commandant du Peuple.

Appréciez !

 

Même si sur des plateaux de télévision certains, avec des contours rhétoriques alambiqués, tentent, de manière affligeante, de noyer le poisson, de nier de nettes évidences, c’est bien triomphalement que la marée humaine a accueilli à l’aéroport de N’Djili, escorté le chef d’Etat élu, Mafa, et participé assidûment à son envoûtant meeting à la place Sainte Thérèse, le dimanche 28 avril 2018. Malgré une vingtaine d’années de pouvoir absolu, d’incommensurable brimades et humiliations, de viols de masse et de massacres imprégnés d’horreurs démonstrativement dissuasives, ce sont surtout la liesse populaire et la vaillance patriotique qui se sont illustrées à l’occasion de ce chaleureux accueil du Commandant du Peuple ; comme pour afficher une implacable détermination à balayer, à tout prix, la néfaste coalition UDPS-FCC ; qui tend à pérenniser et, sans état d’âme, à précariser et chosifier au paroxysme le peuple congolais.Que peut-il désormais se passer dans ce pays, où le tragi-comique scénario hollywoodien de « Trois prétendants... chef d’Etat » - le protocolaire, le virtuel et l’élu sans impérium -, ne fait plus du tout rire ? Exemples inspirateurs, mobilisateurs et catalyseurs pour les uns, références contagieuses et affolantes pour les autres, les printemps algérien et soudanais taraudent et ravivent tous les esprits. Jusqu’où peuvent aller leurs répercussions au Congo ? Car, entretemps, il faut compter avec l’implacable détermination des kleptocrates génocidaires et de leurs vils collabos à jouer des prolongations, faire de la résistance et, voire même, tenter plus encore…

En effet, Tribalisme ! Tribalisme ! Complot tribal ! Incitation à la haine tribale ! Massacres des Balubas ! Extermination du peuple luba !!! Voilà de nouveaux stratagèmes, les rengaines affligeantes d’inconscients collabos ; qui ne s’offusquent pas à mettre leur expertise et leurs funestes compétences au service des subterfuges de l’occupant, à conspirer contre les patriotes résistants et à conjurer allègrement la ruine de leur patrie pour de menus fretins ! L’accusation de tribalisme laisse entendre qu’Un mafieux, un assassin, un comploteur doit toujours craindre l’existence cachée d’un semblable prêt à le supplanter à la moindre occasion : c’est dans l'ordre des choses, comme l’affirmait Lounis Aggouni. Dans son émission, Marius Chez-vous, du 4 mai 2018, le journaliste congolais, Marius Muhunga, air grave, manifestement anxieux, a clairement appelé à une conscience collective sur la dangerosité de la tournure des événements. « Est-ce que nous ne jouons pas avec le feu ? », s’est-il interrogé, un brin tourmenté. En fait, pour ceux qui ont encore un peu de discernement, ce feu est déjà en gestation et peut, à tout moment, s’étendre et s’amplifier. Mais, l’incendie ainsi en ébullition, peut aussi s’avérer un atout complice, en déclenchant une révolution populaire à même de tout emporter ; notamment ces antipatriotes et traîtres, pour sauver notre Mère-Patrie. Les lignes et pages, qui suivent, se veulent aussi bien une mise en perspective qu’une approche prospective, dans le contexte congolais, des recettes politiques et stratégiques tout fraîchement couronnées de succès sur le continent ; au Burkina Faso, certes, mais aussi tout récemment en Algérie et au Soudan.

Chance contextuelle : l’ivraie a-t-elle été séparée du bon grain au bon moment ?

Encore plus confus que son compagnon des escapades, le méphistophélique roublard Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi), le tortueux Moïse Katumbi n’a su trouver des mots pour justifier son ambivalente pirouette de refaire son allégeance à Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila Kabange (Le Raïs) tout en espérant diriger « Lamuka ! ». Sa position était très attendue depuis une belle lurette et les pressions étaient constantes. Il a donc eu assez de temps pour préparer sa sortie médiatique. Pourtant, malgré le concours d’une équipe, plutôt pléthorique, de communicants, le prétendant à la magistrature suprême congolaise n’a pas réussi à lever le cumul de doutes asphyxiant son identité politique. Bien au contraire, précieuse, sa prestation du 6 mai 2019 sur France 24 a dorénavant démontré à tout le monde qu’il est de retour à ses vieux amours : dans la kleptocratie kanambienne. Il semble donc avoir été en mission pour désorganiser l’opposition politique et piéger la résistance patriotique. A écouter les sirènes d’ici et d’ailleurs sur ses acrobaties, force est de se rendre à l’évidence qu’il n’est pas le seul en course pour retrouver Fatshi, Raïs et bien d’autres à la mangeoire. Même si ce n’est pas encore son épilogue, le bal des chauves s’accélère depuis le ton donné par Fatshi. L’ampleur de cette accélération en cours contraint le dernier carré des vrais patriotes résistants congolais à resserrer les rangs au tour du Commandant du Peuple, le chef de l’Etat brillamment élu, en vue de la victoire finale : la libération du Congo des griffes rwandaises.

Certes, à la mangeoire, Fatshi, Badibanga, Tshibala et autres Kabund, après avoir envié le faste et les prérogatives sociales de Boshab, de Mende et autres Minaku, savourent à leur tour la même luxure aujourd’hui. Alors que la route vers la vérité des urnes et la libération s’avère longue, tortueuse et semée d’infinies embûches. Ces dures évidences peuvent décourager. Cependant, si nous tenons à ce que le Congo demeure encore une Nation, si nous voulons construire un autre avenir pour d’autres générations des Congolais, si nous nous soucions d’honorer la mémoire de nos martyrs alors, des sacrifices et d’énormes sacrifices s’imposent. Ils ne sont malheureusement pas à la portée de tout quidam. Les collabos ci-dessus, la clique à Fatshi, ont trahi la mémoire de Rossy, de Luc, de Thérèse et de millions de ceux qui ont versé leur sang pour le Congo. N’attendons plus rien de ceux-là ; suivons plutôt l’héroïsme de ces derniers. Assumons donc nos responsabilités ; car ce monde, dans lequel nous vivons aujourd’hui, est un véritable champ de bataille. Nous n’avons qu’à observer avec rugueuse attention au tour de nous ! Un peuple, qui ne sait pas se prendre en charge, est condamné à l’esclavage. Pour nous, le soulèvement populaire peut être une recette pour sortir notre Congo du gouffre. Mais, le réalisme nous invite à le relativiser. Une armée de libération s’impose aussi. Depuis la diaspora, nous devrions déjà, par une cagnotte collective, commencer à jeter les bases de sa formation. Car, la situation est très grave et d’ultimes manœuvres sont en cours pour le coup fatal au Congo.

Sur siège éjectable, Fatshi doit surtout faire face au pressant et imminent retour du Raïs !

Quiconque a pris le temps de lire et d’évaluer jusqu’où ses compétences lui ont permis d’arriver, se rend aisément compte que Le Raïs s’est organisé pour ne plus quitter le pouvoir politique. Non seulement il est logiquement, suite à ses multiples forfaits au Congo, sous la menace pressante des poursuites pénales pour des crimes les plus graves et les plus durement châtiés ; mais aussi parce qu’il est à la tête des montages économiques et financiers qu’il ne saurait défendre sans le pouvoir politique suprême. On comprend dès lors toutes ses acrobaties pour la conservation du pouvoir. Il est donc prêt à tout. Faire semblant de céder la présidence de la République, tout en se ménageant l’impérium, voire en l’amplifiant ou en le renforçant, démontre sa détermination à quitter, à tout moment, le pouvoir virtuel pour reprendre, ouvertement le pouvoir réel. Fatshi n’est pas seulement un président-protocolaire ; mais il est aussi sur un siège éjectable et doit surtout faire face au pressant et imminent retour du Raïs. Alors, attention ! La Mère-Patrie brûle déjà et se consume furtivement. L'essentiel, finalement, c'est de ne pas réagir, une fois encore, une fois de plus, trop tard. Et cette fois-ci, notre malheur risque de prendre des proportions hadales, le revers s’avérer irréversible, irrémédiablement définitif. C’est pourquoi, à l’instar de Katumbi, ceux qui fragilisent le combat de dernière chance, la lutte pour la vérité des urnes, la résistance patriotique, si convenu que celui-ci passe notamment par la refondation de « Lamuka ! », sont à pousser vers la sortie de cette ultime tranchée du patriotisme ; en lieu et place de multiplier des pirouettes pour les retenir.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

 

i Dans La colonie française en Algérie : 200 ans d’inavouable : rapines & péculats, 2010