Impérieux et urgent : la diaspora doit jeter les bases d’une armée de libération !

Ils étaient déjà nombreux, ces patriotes congolais ébranlés par l’expropriation, l’appropriation et l’emprise rwandaises sur leur Mère-patrie. Leur désarroi a atteint son paroxysme lorsqu’ils ont assisté, médusés, à l’éclatement de l’Union de l’opposition moins de cinq heures après l’Accord de Genève. Leur angoisse a été au comble lorsqu’ils ont vu surgir le Pacte de Nairobi. Imaginez alors ce que nous endurons depuis la déclaration de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi) d’aller aux élections avec ou sans machine à tricher, depuis son brusque retrait de l’UDPS de la Marche du Boulevard Triomphal, depuis l’annonce de son deal avec Kanambe, depuis ses éloges aux génocidaires du peuple congolais, depuis les conditions de sa proclamation comme vainqueur de la présidentielle 2018… Il y en a qui sont complètement perdus, qui ne dorment plus, qui sont dévorés par la frustration et l’appréhension de l’avenir, qui se dessine, pour le Congo… Suivez !

Rossy Mukendi vaut des centaines d’Hyppolite Kanambe !

Depuis que la cruauté de son assassinat a permis de s’appesantir sur son riche parcours, force est de réaliser que, du point de vue ontologique, Rossy Mukendi Tshimanga valait quelques centaines d’Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila Kabange (Le Raïs). Pourtant, brutalement arraché à l’affection de sa noble famille, Rossy a, en outre, laissé en chantier plusieurs défis générateurs des valeurs ajoutées patriotiques. Et des « Rossy », Le vil et génocidaire Raïs en a fauché par millions. Face à l’ampleur inouïe de ses massacres, l’Histoire a déjà décrété sa sentence : Kanambe est le plus grand boucher de l’humanité ; juste derrière son mentor Paul Kagame et leur inspirateur Adolph Hitler. Pourtant, des horreurs de Tingi-Tingi à ce jour, les dénonciations, Rapport Mapping à l'appui, se multiplient ; mais personne n’est inquiétée. Bien au contraire, la Kanambie au Congo et Kagamé à l’échelle internationale se renforcent.

Comment ce gamin inculte, entré à Kinshasa en treillis militaire et chaussé des bottes en caoutchouc peut-il devenir l’un des hommes les plus riches de la terre, dominer l’un des pays les plus vastes et les plus potentiellement riches au monde en se jouant de plus de quatre-vingt millions d’âmes ; dont les plus proches collaborateurs sont si dingues qu’ils s’émerveillent d’être réduits à de très humbles et très obéissants serviteurs ; complètement sous sa botte ? Et lorsque l’impénitente et impertinente bloggeuse, Mafuta So, réalise que tous ces Congolais au service du Raïs ont une claire et nette conscience que l’homme est venu d’ailleurs et qu’il a déjà, à son actif, du sang et des viols de masse de leurs compatriotes, son désarroi est au comble du soutenable. Cette allégeance épistémique, des Congolais au destructeur de leur patrie et de leur peuple, dont se trouble Madame So, est une détresse si bien partagée au sein de la diaspora congolaise pour qu’il ne soit envisageable de n’y pas prêter l’oreille. Puisque, malgré les peines, qu’elle inflige, cette détresse n’interrompt pas la réflexion ; quelles sont donc les perspectives pour sortir le Congo et les Congolais de cette emprise tutélaire aussi ubuesque que tragique ?

Kanambie n’attendra pas de nouvelles élections pour s’assurer de sa survie !

La prise de conscience de la situation d’occupation du Congo, de génocide toujours en cours ainsi que la mobilisation pour s’en défaire remontent, au plus tard, au déclenchement de la Deuxième Guerre du Congo, le 2 août 1998 ; soit déjà plus de vingt (20) ans d’extermination. Le consternant épilogue de la vive et constante mobilisation dégagiste contre l’occupant et, plus particulièrement celui, encore en cours, des consultations électorales de 2018, prouve à l’évidence et à satiété que les choses vont de mal en pis. Ce qui laisse entendre que toutes les stratégies, jusque-là imaginées et appliquées par les Congolais pour changer la donne ou se défaire de l’étreinte rwandaise, n’ont que toutes lamentablement échoué. Comment un leader, aussi charismatique que Fatshi, et son parti, si profondément et historiquement ancré dans la résistance et l’engagement patriotiques du pays parviennent-ils à se disqualifier sordidement en tombant aussi dans les pièges des prérogatives du pouvoir et de la mangeoire ; malgré toutes les précédentes affligeantes démonstrations du carcan de trahison et de collaboration objective au renforcement de l’assujettissement, sans lendemain, à l’un des plus perfides des ennemis ? L’expérience de quatre dernières années de la résistance patriotique montre que la Kanambie n’attendra plus de nouvelles échéances électorales pour s’assurer de sa survie politique. Elle compte changer, si tôt que possible, les règles du jeu. Que faire alors pour prévenir et conjurer le dénouement encore plus redoutable et redouté, qui se dessine à notre obscur horizon ?

A défaut de guerre de libération, préparons au moins une armée de libération !

Soutenue par de solides parrainages et s’appuyant aussi bien sur de complexes ramifications que sur un ancrage profondément consolidé, la Kanambie semble momentanément difficile à liquider par la seule recette, qui a l’air de s’imposer : la guerre de libération. Mais, jouisseurs incurables, naïfs et désorganisés, les Congolais seuls sont bien loin de consentir des dévouements appropriés, de s’engager et, encore beaucoup moins, de réussir une entreprise de telle ampleur dans les conditions actuelles. Toutefois, au vu de tous les sacrifices déjà endurés et à la plus grande menace encore, qui pointe à l’horizon, une préparation vaut mieux que la sempiternelle expectative ; qui nous a toujours caractérisés. Aussi, l’heure a-t-elle sonné de conscientiser la diaspora congolaise à jeter, dès aujourd’hui, les bases d’une armée de libération ! Bien qu’issues des pays plus stables et moins convoités que le Congo, les autres diasporas, à l’instar de la diaspora juive, libanaise, malienne, sénégalaise et rwandaise notamment, ont fait la démonstration de cette solidarité agissante à égard de leurs patries respectives sous diverses formes. On voit combien de dividendes elles en tirent aujourd’hui. A quand la même conscience au sein de la diaspora congolaise ? Celle-ci commencerait, entre autres, par la constitution d’une simple caisse commune dédiée, officiellement, à financer des actions de solidarité patriotique.


Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa