Accord secret de Kigali assure intégration

du M23 dans l’armée congolaise et rend

Kagame plus fort que jamais comme

maître du jeu politique au Congo !

 

Nous parlons de quatorze millions de morts dans un seul pays. Et il s’agit bien de ce pays qui n’a jamais fait de guerre aux autres ; mais, au contraire, dont la population s’est toujours illustrée par son grand esprit d’ouverture, d’accueil, de générosité et de solidarité avec les autres peuples. Avons-nous pensé aux fosses communes émergeant un peu partout, comme des champignons, sur le territoire congolais ? Dans la seule localité de Diboko, sur le territoire de Kamonia, au Kasaï central, au moins 131 charniers ont été identifiés, du moins, jusqu’à ce jour. Quel Congolais et au nom de quel droit peut oser, sans état d’âme, proclamer l’absolution de ces criminels génocidaires avérés et reconnus de ses compatriotes et appeler sans autre, sans s’offusquer, à la réconciliation et à la soumission au diktat de ces derniers et de leurs complices nationaux sous honteux deal et prétexte de nécessaire cogestion de cette même nation, que les mêmes bourreaux ont entièrement et délibérément détruite ?

Pour ceux qui peuvent encore avoir la conscience et le temps de discernement sur ce qui vient de se produire politiquement dans notre pays, qu’ils commencent par prendre acte que le Congo de Lumumba est désormais quasi intégralement à la merci des occupants. Car, si avant, qu’il s’agisse de simples vagabondages politiques des uns, de ces affligeantes vagues de débauchages au MLC, de la grande trahison de Gizenga, passé à l’ennemi avec tous les bagages de PALU, de ces éloquentes scissions à l’UDPS sous l’égide successivement de Samy Badibanga et de Bruno Tshibala, les allégeances à la Kanambie et aux occupants Tutsi étaient individuelles et partiellement collectives ; donc, à portée limitée. Alors qu’aujourd’hui, avec le deal secret signé par le FCC de Joseph Kabila, et le CACH, représenté par Félix Tshilombo Tshisekedi et Vital Kamerhéon, ce ne sont pas seulement quelques opportunistes en perte de patriotisme, de discernement et de moralité qui franchissent le Rubicon au moment où la déchéance de la Kanambie venait d’atteindre son paroxysme et était devenue irréversible, mais, surtout, ils amènent avec eux familles, amis, clans, tribus, fanatiques et opportunistes de tout bord. Le réduit patriotique n’est désormais restreint qu’à la portion la plus congrue des résistants. Ces rescapés doivent, en plus, dorénavant faire face aux pressions, insultes, menaces, voire même de véritables attaques au propre comme au figuré, de ceux qui, béatement euphoriques, balancent à tout vent des slogans de reconstruction du pays ; là où s’opèrent, avec malice machiavéliquement planifiée, les stratagèmes de consolidation de l’occupation intégrale du Congo.

Ce qui fait très mal à ceux qui, comme nous, avaient accueilli avec enthousiasme et baptisé de libération l’entrée des troupes de l’AFDL à Kinshasa. Le traquenard était alors si insidieusement bien monté que nous nous y sommes laissés prendre ! Ce n’est pas pareil aujourd’hui où les sirènes d’alerte sonnent de partout. En effet, il suffit d’imaginer, sous cette mandature en cours, une révision constitutionnelle, visant à déposséder le souverain primaire congolais de ses prérogatives légitimes ; par quels moyens les patriotes pourraient encore y opposer leur résistance ? Des débuts des années 1920 jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, les Palestiniens s’affrontaient, jusqu’aux guerres intestines, entre nationalistes et modérés, que l’on a parfois qualifiés de collabos. Aujourd’hui, nationalistes ou modérés, les Palestiniens vivent tous un esclavage de fait. Prenons-y donc garde, si nous ne tenons pas à devoir nous en repentir à nous nouveau !

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa