Jusqu’où va la médiocrité des Congolais ?

 

Des pugilats électoraux jouent des prolongations en dépit de l’urgence impérative d’un front populaire commun pour conjurer le détournement machiavélique de la vérité des urnes.

A quand de la hauteur et de la justesse stratégique dans le débat politique congolais ? Encore une fois, malgré cette fois-ci 7 ans de préparation et plus de 3 fois de report, le monde entier vient de vivre, médusé, le capharnaüm électoral, survenu en République à démocratiser du Congo (RDC) le 30 décembre 2018. Très inquiets quant à la suite des événements, quant à l’avenir du pays et de son peuple, nombreux médias étrangers tentent, par débats contradictoires sur leurs prestigieux plateaux de télévision, de susciter des réflexions en profondeur à même de proposer des voies et stratégies de sortie d’un marasme à son paroxysme. Hélas ! Avant comme après les élections, lorsque les représentants auto-proclamés du peuple congolais s’affrontent sur leurs prestigieux plateaux, ils donnent toujours et sempiternellement cette affligeante impression de ne pas saisir la véritable portée des enjeux du moment, ni l’effet boomerang de leurs attitudes, de leurs irresponsables propos sur le reste de la population. Le peuple a-t-il été forcé d’aller aux élections, cruciales pour sa libération, avec un front patriotique émietté ! Il n’est toujours pas au bout de ses peines ; parce que les mêmes pugilats électoraux jouent des prolongations en dépit de l’urgence impérative d’un front populaire commun pour conjurer le détournement machiavélique de la vérité des urnes. Revivez ce débat illustratif du paroxysme de la médiocrité au sein de la classe politique congolaise !

Jean-Marie Kassamba illustre la folie de cette multitude extensible de Congolais qui, pour cacher leur opprobre de servir l’occupation, ils se voient contraints à dissimuler lâchetés, mesquineries, vilenies et hypocrisies par des discours teintés de cohérence superficielle.

Naïveté ou véritable crise morale, que dire alors de ces Congolais vilement vendus qui, malgré les évidences d’un régime esclavagiste et génocidaire, ne s’offusquent toujours pas à vouloir défendre, publiquement et avec beaucoup d’escroquerie, l’indéfendable, l’ignominie ! On a beaucoup parlé des profondeurs de la vilenie où patauge le Vuvuzélateur national Lambert Mende ; personnellement, j’étais bien loin de m’imaginer qu’il en avait tant, non seulement à capituler dans le déshonneur, mais aussi à s’installer dans l’infamie et en devenir prosélytes. Avec autant de monstruosités allègrement débitées en quelques minutes d’émission d’une aussi grande audience, Jean-Marie Kassamba illustre bien la folie de cette multitude extensible de Congolais qui, pour cacher leur opprobre de servir l’occupation, se voient contraints à concocter des discours teintés de lâchetés, de mesquineries, de vilenies et d’hypocrisies pour leur donner un peu de cohérence. Il suffit de revivre cette éclairante émission de TV5 pour se rendre compte du niveau de l’aveuglement atteint dans le microcosme politique congolais.

Si, comme l’a solennellement réclamé Honoré Ngbanda, c’est le Soldat du peuple qui lance unilatéralement l’appel au soulèvement populaire, au-delà des affres de la Kanambie, auxquelles il s’exposerait, CACH fera de son mieux pour en favoriser l’échec.

Quand on sait qu’au niveau de la société civile, au pays comme dans la diaspora, il n’y a que des groupuscules, sans aura, qui ne jurent pourtant que par la mise en exergue de leurs petites chapelles, on ne peut qu’en déduire, tragiquement, que le recours à l’article 64 de la Constitution congolaise reste une fiction, que la libération du Congo n’est certainement pas pour demain. En fait, qui appellera au soulèvement populaire sans susciter la jalousie de l’autre ? A la lumière d’affligeantes déclarations du représentant de la coalition Cap Pour le Changement-CACH - Felly Kabala – lors de cette émission, force est d’en déduire que si, comme l’a solennellement réclamé Honoré Ngbanda, c’est le Soldat du peuple - Martin Fayulu de la coalition LAMUKA - qui lance unilatéralement l’appel au soulèvement populaire, au-delà des affres de la Kanambie, auxquelles il s’exposera, CACH, à l’instar de ce qui s’est passé lors de l’appel à la Journée ville morte du 27 décembre 2018, fera de son mieux pour en favoriser l’échec. Or, par expérience, on sait combien et pourquoi cette dernière coalition ne peut envisager, elle-même et directement, un appel solennel au soulèvement populaire…

Les prises de position non concertées ou maladroitement instruites des uns et des autres ne cessent, malheureusement, de semer obstruction, confusion et divisions au sein d’une population finalement poussée vers le dégoût, la démotivation, la torpeur et la démobilisation.

En effet, tout le monde, à l’exception de quelques illuminés, que d’aucuns ont fini par qualifier d’écervelés, avait rejeté les élections comme voie d’alternance ou de libération pour un Congo occupé et avait prédit un scrutin chaotique ; non seulement la réalité effective a largement dépassé toutes les prévisions, mais en plus, le régime a démontré qu’il pouvait, avec arrogance inouïe, tenir à l’écart toute la communauté internationale et infliger à sa guise toutes les humiliations inimaginables au peuple congolais chosifié et asphyxié. Jusqu’où ce chaos peut-il encore aller en s’empirant ? A comprendre la tendance de ces débats post-électoraux, tout porte à croire que c’est bien en dehors de ceux qui se prétendent porte-paroles du peuple congolais que viendront les révisions stratégiques à même de conduire à la libération du Congo et à la délivrance de son peuple. Que faire ? L’appel au peuple pour qu’il se prenne en charge n’a jamais été plus à propos. Mais les prises de position non concertées ou maladroitement instruites des uns et des autres ne cessent, malheureusement, de semer obstruction, confusion et divisions au sein d’une population finalement poussée vers le dégoût, la démotivation, la torpeur et la démobilisation. Avec une si bonne opposition pour accompagner l’occupation, la Kanambie n’a à nouveau que moult latitudes pour se maintenir et se régénérer. Elle peut accélérer la validation du scrutin du 30 décembre et proclamer le recalé dauphin ou attendre pour l’invalider sur base des réclamations de l’opposition elle-même. Dans plus d’un cas de figure, Kabila est assuré de vivre un mandat de plus de 7 ans, au-delà de 2019 devant un peuple désorienté et démoralisé.