Louise Mushikiwabo, avanie pour la Francophonie et gifle pour le peuple congolais !

                                                                                         Pierrefitte, le 02/10/2018

COMMUNAUTE CONGOLAISE DE FRANCE 

c/° «Convention des Congolais de l’Etranger»

Chez M. André LO 

26, Alcide d’Orbigny 

Bât. A – Esc. A

93380 Pierrefitte

 

                     A S.E. M. le Président de la République Palais de l’Elysée

                             55, rue du Fg St-Honoré

                             F - 75008 PARIS

Concerne : désapprobation / candidature O.I.F. 

 

 

Monsieur le Président,

 

La Communauté Congolaise de France considère comme un honneur de vous approcher en ce moment crucial de profonde crise politique en République Démocratique du Congo (RDC) et à l’imminence du changement de leadership au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (O.I.F) à laquelle il vous est, d'ores et déjà, proposé instamment la candidature de la Ministre rwandaise des Affaires étrangères, Madame Louise Mushikiwabo.

Cette candidature n'a pas cessé de faire des vagues d'autant plus qu'il y a peu, un tollé a été exprimé notamment par quatre anciens ministres français chargés de la Francophonie, (Charles Josselin, Pierre-André Wiltzer, Hélène Conway-Mouret et André Vallini) qui ont signé une tribune dans le Monde intitulée «Louise Mushikiwabo n’a pas sa place à la tête de la francophonie.»(1)

A cet effet, pour ne pas cautionner le silence assourdissant de Votre Excellence, il parait opportun que la « Convention des Congolais de l'Etranger », ''C.C.E.'' en sigle (2), s’appuyant sur la « Déclaration de Bamako » (3), se fasse l’écho des populations congolaises issues de tous les horizons et particulièrement de la diaspora congolaise de France afin d'une part, de porter à votre connaissance notre appréhension sur le risque d'un avenir orageux assorti d'un affaiblissement de cette auguste organisation internationale et d'autre part, de soumettre à votre clairvoyante attention notre vive indignation sur le soutien présumé que vous semblez réserver à ladite candidature.

En effet,

  • autant nous saluons avec beaucoup d'admiration et de gratitude les efforts que vous ne cessez de conjuguer à travers l’O.I.F. pour que l’aide à l’instauration et au développement de la démocratie ainsi que la prévention des conflits et le soutien à l’Etat de droit et aux droits de l’homme deviennent des réalités dans les Etats membres,

  • autant nous désapprouvons [percevons mal] la candidature sulfureuse du représentant rwandais au sommet de cette organisation stratégique où, au lieu d'être censée soutenir les dispositions de la Charte de la Francophonie et ses précités objectifs prioritaires, il s'évertuerait plutôt à couvrir les auteurs d'incessants viols, violences et massacres des populations congolaises par leurs prédateurs prétendument ''sans nom'', tout en tentant d'engluer l'OIF dans la crise en défaveur de l'un des plus grands contributeurs de la Francophonie au monde., à savoir : la RDC.

Auriez-vous oublié que plusieurs rapports d’une grande fiabilité, le Projet Mapping notamment (4), accusent les dirigeants rwandais actuels de génocide au Congo !

Certes, vous n’êtes pas sans savoir, Monsieur le Président, que :

  • il y a peu, la Ministre-candidate controversée avait déclaré à Paris que « L’anglais est une langue avec laquelle on va plus loin que le français. Au Rwanda, le français ne va nulle part».

Ainsi, nonobstant le fait que le Rwanda a imposé l’usage de l’Anglais comme langue d'enseignement et langue d'administration tout en bannissant le Français parmi les langues officielles du pays jusqu'à détruire au bulldozer le Centre Culturel français,

  • l’octroi du Secrétariat Général de l’O.I.F. au Rwanda

  • serait entaché d'un favoritisme flagrant [déséquilibre à outrance] étant donné une concentration des pouvoirs en Afrique par cette nation notoire qui assure, d'ores et déjà, la présidence de l’Union Africaine,

  • gâcherait la notoriété internationale de l'O.I.F. et sa réputation de « pourvoyeur avéré des valeurs démocratiques » permettant de promouvoir [impulser] la langue française à travers le monde,

  • cacherait une forêt d'ambitions hégémoniques et expansionnistes ainsi que son obsession à l'accélération et l’aggravation de la crise politique, socio-économique et sécuritaire de la R.D.Congo ;

  • le bilan des pratiques de la démocratie, des droits de l'homme et des libertés ainsi que la mise en place de contre-pouvoirs par ceux qui incarnent l'Etat à Kigali sont loin d’être lustrants [satisfaisants] depuis plusieurs décennies.

C’est pourquoi, considérant le mérite intrinsèque de Monsieur Macron qui, de surcroît, est réputé pour ses analyses avec dextérité ainsi que ses mesures salvatrices dans le règlement des situations intrigantes et complexes même à l'international,

il serait assez inquiétant voire même frustrant de ne pas voir le Président Macron étouffer cette candidature nocive par laquelle le Rwanda tente de faire entrer le loup dans la bergerie afin d'y amplifier la crise politique actuelle, y compris les viols, violences, massacres des populations congolaises et le pillage systématique de leurs richesses sans oublier l'accaparement des régions minières.

Voilà les attentes qui sont au 1er rang des préoccupations des congolais qui d'une part, souhaitent vivement que la France soit un tant soit peu attentive à leurs cris de détresse et d'autre part, espèrent ardemment obtenir le soutien multisectoriel des organismes internationaux à l'instar de la Francophonie afin d'endiguer la crise actuelle et d'impulser l'alternance politique en RDC en y pérennisant des actions salvatrices à la hauteur des défis socio-économiques auxquels ils ne pourraient faire face seuls, sans un concours extérieur.

En bref, c’est vers vous, Monsieur le Président, que la Communauté Congolaise de France se tourne pour solliciter votre renoncement au soutien à la candidature susmentionnée, et de peser politiquement sur les prochaines négociations, afin d’offrir à l’O.I.F. la capacité de pallier ses insuffisances et d’approfondir ses actions dans chaque Etat-membre dont la RDC demeure un allié stratégique indéfectible de l’O.I.F. et de la France et qu’à cet effet, la restauration de sa stabilité politique devrait être un facteur dynamisant permettant d’impulser son rôle de locomotive pour les pays de l’Afrique centrale, voire de toute l’Afrique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

 

  1. Pour la « C.C.E. » Prof. André LO

 

Haut-Commissaire chargé d'Etudes & Projets

Chef de la Délégation-France : +33 (0) 698081923 - lotandre@hotmail.com

 

  1. Pour le « M.L.C. »Anastasie Mutoka

 

Représentant de MLC-France: +33 (0) 695135987- anastasiemutoka810@gmail.com

 

 

  1. Pour l’ « UDPS. »Alexandre Ngyekama Kiyedi

 

Représentant de l’UDPS-France: +33 (0) 685999737 – ankiyedi@hotmail.com

 

  1. Pour la «DYNAMIQUE de l’Opposition Congolaise»Jean-JacquesNgangweshe

 

Représentant de la DYNAMIQUE-France: +33(0)613862370 - jjn-cloud@outlook.com

 

 

  1. www.politico.cd/en-off/2018/09/30/france-un-rapport-secret-eclabousse-le-rwanda-et-sa-candidature-a-la-francophonie.html

  2. C.C.E. (Convention des Congolais de l'Etranger) - Asbl, ayant son siège social en Suisse

Boite postale 1542 - CH - 1211 Genève 26

Née à Charmey (Suisse) le 14/12/2014 conformément aux articles 60 et suivants du Code Civil suisse, la Convention des Congolais de l'Etranger, CCE en sigle, est une association internationale d’utilité publique, sans but lucratif, sans attaches politiques, religieuses ni philosophiques spécifiques.

Ayant son siège social à Genève et conçue sous une forme administrative fédérative, elle entend rassembler des personnes de nationalité ou d’origine congolaise (RDC) dans le but, d’une part, d’élaborer des mécanismes d’une solidarité organisée en vue de réussir l’intégration dans les différents pays de résidence et la préservation des valeurs de l’identité congolaise partout où la diaspora congolaise est implantée, et, d’autre part, d’amener cette diaspora à construire les ponts d’une solidarité avec le Congo pour contribuer à son développement, à l’instar d’autres communautés comparables d’origine africaine, sud-américaine, asiatique ou même européenne. Cependant, les Congolais ne vivant pas en vase clos, la CCE reste une association ouverte à tous les amis du Congo, à tous ceux qui veulent tisser des liens avec les Congolais, qui peuvent alors en devenir membres à part entière ou y jouer le rôle de simples sympathisants actifs.

  1. Adoptée lors du Symposium International sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone (1er-3 novembre 2000, Bamako, Mali), la « Déclaration de Bamako » est le texte normatif et de référence de la Francophonie dans ces domaines. Elle dote la Francophonie de moyens d’action en cas de rupture de la légalité démocratique, ou de violation grave des droits de l’homme dans un de ses pays membres.

(https://www.francophonie.org/IMG/pdf/Declaration_Bamako_2000_modif_02122011.pdf)

  1. Le Rapport Mapping de l'ONU a été élaboré par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République démocratique du Congo (RDC) entre mars 1993 et juin 2003. Ce rapport conclut que la majorité de ces délits, largement documentés, peuvent être qualifiés de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

 

Transmis copie pour information aux Ambassades des pays membres de l’O.I.F.