Elikya M’Bokolo a ruiné son prestige en mettant son savoir au service du mal absolu : génocide du peuple congolais

Elikya M’Bokolo surprend en mettant son savoir et son prestige au service du mal absolu : génocide du peuple congolais

 

Le côté kafkaien de certains de nos "universitaires" vient d'être étalé au grand jour. A dessein, j'ai évité le substantif "intellectuel" parce qu'il est lié à  la notion d'engagement: Voltaire (affaire Calas, 1762) et Zola (affaire Dreyfus, 1894). Et comme l'écrit Jean-Paul Sartre (In: "Pladoyer pour les intellectuels", in: Situations VIII, Paris: Gallimard, 1972, p. 377, In: Eddie Tambwe Kitenge bin Kitoko Introduction: Pour un retour des intellectuels dans l'espace public, in: RDCongo / Les élections, et après / Intellectuels et politiques posent les enjeux de l'après-transition, L'Harmattan, 2006, p. 12): "un écrivain, un savant, un professeur d'université ne deviennent intellectuels que dès lors qu'ils s'engagent, dès lors qu'ils sortent de leur tour d'ivoire" pour défendre la cause des populations chosifiées et affamées à volonté par ces princes qui les gouvernent malgré elles

Je me permets, tout d'une haleine, de remettre en mémoire l'histoire, vraie, d'un réfugié chinois qui rencontre un journaliste occidental en pleine période de répression post-maoïste - histoire publiée dans le journal Le Monde du 26-27 février 1978 par Henri Leuwen et reprise par Eddie Tambwe Kitenge bin Kitoko (op. cit. p.. 36):

  • Le réfugié chinois au journaliste: "mon éducation s'est arrêtée à la fin des études secondaires...".

  • Le journaliste occidental: "Vous ne vous considérerez donc pas comme un intellectuel"?

  • "Si, je me considère comme un intellectuel parce que je tente, par ce que j'écris, d'influencer les gens...", rétorque le Chinois.

Id est, "le projet des intellectuels est d'essence morale, par conséquent politique; il vise, en définitive, à la direction des autres, à la direction de la société. Il vise à corriger les directions déjà prises par ailleurs. C'est pourquoi l'intellectuel, pour apolitique qu'il se voudrait, se trouve projeté dans le champ public, dans le champ politique au sens aristotélicien de l'organisation de la société" (op. cit. p.13)

Coïncidence ou pas..., la "guerre des universitaires congolais" vient-elle de commencer...? Alors que M. Mbokolo qui n'est pas dans sa première tentative de chercher à avoir accès à l'"échiquier d'aisance de la République" via la légitimation du pouvoir arbitraire en place sous les Tropiques congolaises, vient, cette fois-ci, de prendre le parti, en adhérant au FCC, pour la perpétuation au pouvoir de celui qui prend la Constitution pour une aimable fiction littéraire - la même Constitution sur laquelle il avait posé la main et juré de la respecter lors de sa dernière prestation de serment -, un groupe d'universitaires congolais vient de lancer un manifeste appelant l'actuel président congolais, sans et hors mandat, à ne pas briguer un 3e mandat. Une façon de leur part de mettre fin au "manque de visibilité dans la société qui, jusqu'ici, n'entendait pas la voix des intellectuels, ne sentait pas la présence de ses intellectuels dans le débat politique".

Ce qui précède me pousse à la suite, encore une fois, d’Eddie Tambwe Kitenge bin Kitoko, à "distinguer deux groupes, deux postures. D'une part, des universitaires soutenant l'insoutenable, justifiant l'injustifiable, jouant les thuriféraires" de la "kabilie", ce régime "étrangleur" des libertés fondamentales du peuple congolais. Malgré la répression en cours en RD Congo, d'autres universitaires, mus par les idées de justice et de vérité, viennent de refuser de s'aligner, c'est-à-dire d'être caporalisés...

Pour la petite histoire, vraiment la toute petite: là où Monsieur le Professeur fait l'éloge - "le FCC vise à instaurer une véritable réconciliation de l'ensemble des Congolais" (Radio Okapi en ligne, 16.07.2018) -, je continue, conformément à ce que nous crient les faits, à ne voir que foisonnement inintelligible et diversification désordonnée...

Il convient aussi d'ajouter, tout d'une haleine, que l'adhésion de M. Mbokolo au FCC  ("Front commun pour le Congo" ou, comme d'aucuns disent, "Front des Congolais corrompus") m'a renvoyé inexorablement et tout droit à mes souvenirs d'école, c'est-à-dire à ce que le dramaturge allemand, Bertolt Brecht (1896-1956) avait mis sur scène, en relation avec certains intellectuels, dans "das Leben des Galilei" ("la vie de Galilée"). Je cite : "des années durant, j'étais aussi puissant que les potentats. Et je mettais mon Savoir à leur disposition afin qu'ils en usent, qu'ils n'en usent pas. Ce, selon leur bon vouloir (leurs intérêts)". Et B. Brecht de qualifier cette catégorie d'intellectuels d'un "genre d'inventifs nains (lilliputiens) qui se laissent louer (acheter) pour tout". 

Mais là, pour quelqu´un qui connait et raconte l´Histoire au grand H devienne un "suiveur" d'une plateforme dont l´"autorité morale" et sa majorité s´enrichissent sur le dos des Congolais clochardisés, malmènent la constitution et ont retardé les élections démocratiques ... Allez y comprendre quelque chose!

M. Mbokolo et le FCC, ne nous étonne pas, l´Histoire n'est-elle pas jalonnée de piquets d'exemples d'universitaires et d'autres hommes de science qui se sont retrouvés du côté de Pétain en France, de Hitler en Allemagne ou de Mussolini en Italie et qui, toute honte bue, ont prétendu, après la guerre, s'être trompés par orgueil...!

Iseewanga Indongo-Imbanda