Elikia Mbokolo a justifié son adhésion au FCC dans Jeune Afrique, Patriarche Anatole Malu lui répond

Monsieur Mbokolo,

Avec ce plaidoyer pour votre adhésion au FCC vous ne faites pas honneur au titre de Professeur que vous aimez porter en bandoulière.

C’est une réaction d’humeur plutôt qu’un plaidoyer pour des convictions sincères car les arguments que vous déployez n’en sont pas.

 

Vous prétendez être un homme libre et déniez à quiconque le droit de vous dicter votre pensée, vos opinions, vos choix, vos actes. Sauf que vous vous exprimez dans l’espace public sur des questions qui concernent la vie des autres. Souffrez alors que les autres puissent éventuellement vous interpeller, voire vous juger, d’autant plus que vous vous permettez, vous, de juger les autres.

 

Les gens vous voient ramper, pour reprendre votre expression, sous la table du prince aux côtés d’autres individus sans foi ni loi, peut-être gratuitement, et vous prétendez interdire aux gens de le constater, alors même que ces gens sont avec tout le peuple congolais victimes de ce prince. Même si vous le faites de bonne foi, vous ne pouvez empêcher les gens de porter un jugement sur ce comportement, ne serait-ce que sur le plan moral.

 

Je ne suis pas non plus de ceux qui pensent qu’en tous lieux et en tout temps savants et intellectuels doivent se placer au-dessus de la mêlée. Mais lorsqu’on s’engage dans une mêlée on choisit un camp en fonction de certains critères et du rôle qu’on entend y jouer.

Que dirait-on d’un pompier qui irait éteindre un incendie en se mettant aux côtés de l’incendiaire qui continue à alimenter l’incendie ?

 

Vous dites que c’est votre droit absolu ? C’est une étrange conception du droit ! Le droit dans son sens le plus noble est fondé sur le principe moral. Ce n’est pas à quelqu’un qui ne se prive jamais de clamer haut et fort sa qualité de savant et de professeur qu’on devrait rappeler cette notion élémentaire.

Le régime auquel vous adhérez est celui-là même qui est responsable du bourbier dans lequel se débat le peuple congolais.

On ne conteste pas votre droit, mais on juge votre posture morale, et pour le coup on a le droit de le faire.

 

Vous évoquez - avec quelle légèreté ! -  ceux que vous appelez vos trois champions, Kimpa Vita, Simon Kimbangu et Patrice Lumumba en oubliant qu’ils se sont affranchis du droit qui les opprimait pour payer de leur vie leur posture morale.

C’est cette même posture morale qui est probablement à la base des positions de ceux que vous qualifiez avec mépris de porteurs de croix et de goupillons.

Pour vous les citoyens qui osent dénoncer l’ordre injuste qui détruit notre Nation et qui acceptent de payer le prix du sang ne sont que des spectateurs criards manipulables à souhait, tandis que vous seriez, vous qui soutenez leur bourreau, un parangon de vertu.

Vous vous targuez même d’avoir plaidé en faveur de Bemba auprès de celui-là même qui s’est livré à des manœuvres qui ne sont un secret pour personne pour le livrer à la CPI.

 

Quel historien êtes-vous donc M. Mbokolo et quelle Histoire du Congo écrivez-vous en vous acoquinant avec un régime qui a réduit le Congo et le peuple congolais à l’état qui est le leur aujourd’hui. Est-ce un hasard si votre adhésion à la confrérie des criminels qui détruisent notre pays et notre peuple et qui entendent poursuivre dans cette voie suscite tant de réactions violentes ?

Si vous avez encore une once de conscience et de probité intellectuelle, ressaisissez-vous au lieu de tancer ceux qui ne sont pas dupes et s’imaginent que vous n’êtes peut-être pas définitivement perdu pour la juste cause nationale.

 

Anatole MALU

Citoyen congolais

Président de l’Université Populaire Africaine

en Suisse (UPAF)