CCE reçue par la Commission suisse de Politique extérieure

 

Au Palais fédéral et devant la Commission suisse de Politique extérieure, la CCE expose son crédo pour sortir la RDC de la crise

 

 

 

 

Un rejet sans concession du processus électoral en cours !

 

Invitée, le lundi 26 février 2018, au Palais fédéral, siège des institutions gouvernementales helvétiques, à Berne, par la Commission suisse de Politique extérieure pour formuler les attentes de la diaspora congolaise auprès de la Confédération face au marasme qui ronge la République démocratique du Congo (RDC), la Convention des Congolais de l’Etranger, CCE en sigle, avait dépêché une délégation constituée de trois de ses représentants suivants :

 

  1. Monsieur Mike Justin Kabongi Alimasi (Suisse)

Président de la CCE suisse

Orateur principal

 

  1. Monsieur Noël K. Tshiani Muadiamvita (Etats-Unis)

Président de La Force du Changement, représentant de la CCE aux Etats-Unis

En mission de promotion des relations bilatérales, de collaboration en profondeur

 

  1. Monsieur Lwakale Mubengay Bafwa (Suisse)

Secrétaire général adjoint de la CCE

Chef de la délégation, en l’absence de la Présidente fédérale de la CCE

 

Avec brio, la délégation de la CCE s’est appliquée à démontrer l’aberration d’envisager des élections dans un contexte complètement inapproprié et à plaider en faveur d’une voie plus réaliste de résolution durable de la crise congolaise. Elle a insisté particulièrement sur l’urgence d’une Force d’imposition de la paix pour stopper les massacres visibles et invisibles du peuple congolais en voie d’extermination sur ses propres terres. Dans son exposé liminaire, M. Kabongi s’est d’abord et largement appesanti sur le drame que vit le peuple congolais depuis deux décennies ; avant d’en déduire et de formuler consécutivement des doléances logiques.

 

Des leviers d’action à la portée de la Suisse, si solidaire avec le peuple congolais !

 

De manière émouvante et avec aplomb, M. Kabongi a mis en exergue l’extermination du peuple congolais juste pour ses réapproprier ses riches terres et, corrélativement, condamné le silence incompréhensible et coupable de la communauté internationale. Remerciant la Confédération pour ce qu’elle fait déjà au Congo, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation, ainsi que pour son alignement sur la stratégie des sanctions à l’encontre des barons du cruel régime congolais, il a, au nom du principe d’assistance à personne en danger, relevé les axes et leviers que la Suisse peut actionner pour porter secours aux populations congolaises menacées d’extinction par un régime des tueurs d’une extrême cruauté. Il a ainsi invoqué le droit, dont dispose la Suisse d’initier des résolutions tant au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU que par le biais de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en vue d’une Force d’imposition de la paix en RDC et stopper ainsi ce génocide insoutenable en cours.

 

Une sérieuse mise en cause des multinationales basées en Suisse !

 

Mettant en évidence sa citoyenneté suisse, M. Kabongi s’est également appesanti sur l’action des multinationales basées en Suisse ; qui ne s’offusquent pas à faire fortune sur les minerais au prix du sang inutile des Congolais et salissent ainsi le prestige de la Suisse. Pourquoi faut-il passer par de cruels mercenaires et des étrangers pour accéder à des mines dont les Congolais eux-mêmes sont disposés à négocier l’exploitation avec n’importe qui, s’est exclamé avec vive amertume l’orateur ! Relevant l’illégitimité et l’illégalité en cours des institutions congolaises et se projetant aussi bien en potentiel responsable politique qu’en éventuel partenaire, M. Kabongi a demandé à la Suisse de soutenir logistiquement la tenue des Etats généraux de la Société civile congolaise ; d’où sortiraient les nouvelles institutions et leurs animateurs avec assez de légitimité pour conduire une transition consensuelle vers des élections crédibles et dans un climat apaisé.

 

Un candidat à la présidentielle anticipant plutôt l’alternative électorale !

 

Peu convaincu que les hypothèques évoquées bloquent le processus électoral soutenu par une communauté internationale déterminée, M. Tshiani, candidat déclaré à la présidentielle, s’est d’emblée projeté dans le statut de responsable déjà aux affaires et s’est logiquement préoccupé de jeter les bases des relations bilatérales plus intenses et plus constructives avec la Suisse. Il s’est notamment montré très intéressé par le système bancaire et financier suisse dans la perspective de mise en application de son ambitieux Plan Marshall pour la reconstruction du Congo.

 

Vive effusion d’empathie du côté suisse ; mais sans engagement rassurant !

 

Dans leurs exposés liminaires, les officiels suisses ont largement confirmé et soutenu les principaux aspects de la crise congolaise telle qu’analysée par la CCE. Ils se sont toutefois montrés très sceptiques quant à la capacité de la Suisse à influencer les choses, à modifier des scenarii déjà tracés par plus puissants qu’elle. Ils ont néanmoins promis d’en appeler au renforcement des sanctions à l’encontre des barons du régime et plaidé pour la réduction de la collaboration bilatérale ; tant que le régime ne s’inscrit pas dans le schéma du respect des droits humains ainsi que dans le processus de la démocratie et de l’ouverture de l’espace politique.

 

Sénateur et membre de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), Didier Berberat a été un peu plus loin en stigmatisant les failles dans le camp des Congolais combattants eux-mêmes. Il a spécialement déploré l'émiettement de la communauté congolaise, celui de la diaspora notamment ; en dépit de la gravité du marasme dans lequel le Congo est plongé. Et au-delà des divisions entre Congolais, il a en outre relevé un manque criant de coordination de l’action de lobbying auprès des tiers. A force d’approcher des groupuscules isolés revendiquant à peu près les mêmes choses, beaucoup de potentiels partenaires des Congolais en arrivent à se demander quand naîtra la conscience du nous collectif ; préalable à tout combat de libération ?

 

Des Gageurs plutôt périlleuses en perspective !

 

La séance s’est conclue sur des promesses d’autres rencontres et le vœu a été émis par les organisateurs de rencontrer à l’avenir davantage des acteurs congolais de terrain. Mais qui sont ces acteurs congolais de terrain à promouvoir aujourd’hui ? Quel diagnostic ceux-ci font-ils de la nature réelle de la crise à laquelle le Congo est confronté ? S’agit-il d’une crise sociale ? Economique ? Ou politique ? Si la convergence semble acquise sur la mise en évidence de la crise politique, il importe de préciser auxquels des problèmes politiques le Congo est confronté et avec quelle acuité ? Quelle est l'urgence du moment ? Est-ce l’alternance ? Le changement ? Mais de quel changement s’agit-il ? Certains des Congolais, qui prétendent rechercher le changement et l’alternance démocratique, ne s’offusquent pas à aller faire allégeance à Kigali ou à Kampala en quête de parrainage pour prendre la relève des traîtres, collabos et médiocres actuels. Si nous n’y prenons pas suffisamment garde, derrière qui allons-nous donc nous mobiliser ; sans prendre le risque de nous tromper de combat ou de soutenir la poursuite de l’occupation, de l’esclavage en cours du peuple congolais ?

 

Rapporteur

Lwakale Mubengay Bafwa