Le lobbying assidu de la CCE donne des résultats déterminants

Grâce à un lobbying assidu de la CCE, la Suisse impose enfin des sanctions contre des proches de Joseph Kabila

 

 

La Suisse a imposé des sanctions, notamment des gels d’actifs et des interdictions de voyager, à 14 alliés du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. L’opinion retiendra que celui-ci est confronté à une dramatique crise de légitimité, de légalité et, donc crise politique, aggravée par son refus de quitter le pouvoir dans le délai constitutionnel ; mais de s’y maintenir par la force et la répression meurtrière.

Par des répressions violentes et répétées, les forces de sécurité congolaises ne cessent de massacrer des manifestants pacifiques exigeant l’alternance démocratique et des élections crédibles lors d’une série de protestations organisées en opposition à la volonté de Kabila de rester au pouvoir malgré la fin de son mandat constitutionnel.

Depuis des lustres, la Suisse a la solide réputation d’être une destination internationale privilégiée pour la dissimulation des richesses mal acquises, en raison de ses lois sur la protection des données bancaires. Mais, depuis un moment, face à la pression internationale, la Confédération helvétique s’efforce de faire preuve d’une plus grande transparence ; notamment d’une coopération accrue avec les autorités fiscales des autres pays. Parallèlement à son lobbying au niveau international, la CCE multiplie des audiences et des interpellations des autorités suisses sur le paroxysme du marasme auquel sont confrontés le Congo et son peuple. Aussi, la liste des sanctions, publiée par le Secrétariat d’Etat à l’économie suisse (SECO), reflète-t-elle largement celle déjà annoncée par l’Union européenne et les États-Unis.

Les ténors du régime visés par la mesure suisse sont entre autres les anciens ministres de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadari et Evariste Boshab, l’ancien commissaire de police national John Numbi et Kalev Mutond, le chef de la National Intelligence Agency. Le ministre de l’Information, Lambert Mende, qui sert de porte-parole du gouvernement congolais et figure également sur cette liste des sanctions.

Au pouvoir depuis 2001, Kabila semble décidé à s’y maintenir par tous les moyens, y compris le chaos ; qui déboucherait sur la liquidation du Congo par la fusion avec le Rwanda ou la balkanisation du pays. La CCE ne croit ni à l’Accord de la Saint-Sylvestre, signé en décembre 2016 avec le principal bloc de l’opposition politique, ni au processus projetant les élections à la fin de cette année 2018. Car, toutes les institutions du régime sont désormais dans l’illégalité et n’inspirent aucune confiance. La CCE mise plutôt sur les Etats généraux de la société civile congolaise plus à même de recréer, à l’instar de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), un nouveau pôle de légitimité et déboucher sur des institutions de transition, leurs animateurs ainsi qu’un programme de gouvernement transitoire vers la tenue des élections dans des conditions apaisées et crédibles.