Mémo de la CCE au Parlement français : Urgence d'une Force d'imposition pour neutraliser la soldatesque et les mercenaires de la Kabilie !

République Démocratique du Congo (RDC)

 

 

 

Convention des Congolais de l’Etranger (CCE)

 

 

 

 

Un schéma pour stopper les crimes, sortir de la crise politique et de l’imposture en RDC

 

Demande du soutien de la France à l’organisation des Etats généraux de la Société civile congolaise

 

Par la réorganisation de la société civile, vers une nouvelle élite au pouvoir

 

Mémorandum

Au Président de l’Assemblée nationale française

 

Son Excellence Monsieur François de Rugy

 

Aller aux élections dans un contexte problématique…

 

Excellence Monsieur le Président,

 

L’ambiance politique en RDC s’avère pestilentielle. Elle corrompt tout le monde et étend sa dépravation des mœurs. En effet, l’expérience a démontré combien de simples déclarations ne fléchissent pas la volonté du régime à instrumentaliser les textes constitutionnels et législatifs pour conserver le pouvoir. Sans surprise, la violation et l’abandon de l’Accord de la Saint-Sylvestre confirment la manie bien huilée de la junte au pouvoir à ne s’offusquer d’aucune perversion. Elle tripatouille la Constitution et les lois organiques congolaises, elle falsifie sans gêne les résultats électoraux, elle engage des dialogues politiques pour en ridiculiser les protagonistes, elle trafique les accords auxquels elle s’est engagée, elle ne respecte pas les résolutions dictées par les instances internationales ; y comprises celles enjointes par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Le régime s’illustre par le banditisme et le terrorisme d'État en règle érigés en mode de gouvernement, qui ont transformé le pays en une jungle et pris le paisible peuple congolais en otage depuis bientôt deux décennies. L’enfer, pour en mesurer la portée, il faut le vivre soi-même. Envisager des élections dans ces conditions relèverait de la naïveté, de la lâcheté, de l’aventurisme et de l’irresponsabilité. Aussi, à la CCE, sommes-nous surpris, étonnés, choqués et préoccupés par des élans, ici et là, d’approbation, voire de soutien, à un processus électoral nettement vicié d’avance et qui se dessine avec des issues fatalement cauchemardesques, terrifiantes !

 

Conjuguant ce qui précède à la corruption, au clientélisme, à la terreur et au chaos généralisé régnant sur la RDC, la CCE affirme sa ferme opposition au calendrier électoral subterfuge du régime honni. Soutenant qu’il a été inventé par perfidie pour se tirer d’embarras, la CCE se mobilise plutôt pour une solution de transition par des technocrates à même de créer le contexte approprié à un processus électoral serein et crédible. C’est pourquoi elle cherche des soutiens auprès des chancelleries et institutions à même de soutenir l’exploration des voies et moyens d’une transition consensuelle et apaisée. Car, aller aux élections dans un contexte si chaotique et putride est chimérique et pernicieux !

 

Qui sommes-nous ?

 

Excellence Monsieur le Président,

 

Constituée de Français, Belges, Néerlandais, Allemands et autres Africains ou Américains d’origine Congolaise, la CCE n’est pas un parti politique. Elle n’aspire pas à le devenir. Si faire la politique implique la participation à des élections pour avoir en son sein ses propres députés, ses sénateurs ou des ministres issus de ses rangs, la CCE ne fera pas de politique sans modification préalable de ses statuts. Mais si faire la politique consiste également à accompagner un peuple dans sa lutte pour changer son destin, pour accéder à la démocratie et à l’Etat de droit, pour faire triompher ses aspirations citoyennes, la CCE fera alors de la politique en participant activement aux mouvements visant l’équité, la justice et la dignité du peuple congolais, conformément à la Charte des Nations-Unies et à la Constitution française, entre autres. La CCE a d’ailleurs fait du salut des ressortissants congolais, où qu’ils résident, son deuxième objectif majeur, après leur intégration et participation aux communautés d’accueil.

 

En effet, aspirant à parler au nom de toute la diaspora congolaise, la CCE est une plate-forme fédérative d’assise internationale. Elle vise à approcher, rapprocher et rassembler tous les Congolais pour réfléchir, débattre et agir ensemble en vue de favoriser, d’une part, l’intégration sociale et la mobilisation citoyenne dans nos divers pays d’accueil et, d’autre part, pour mieux organiser la solidarité avec la RDC.

 

La Priorité des priorités du moment : stopper le génocide des Congolais !

 

Excellence Monsieur le Président,

 

La répression et l’épuration ethnique à huit clos ont déjà fait plus de huit millions de morts en RDC et se poursuivent de plus belle dans une indifférence insondable de la communauté internationale. Pourtant, des rapports crédibles et alarmants émergent de partout et incessamment pour dénoncer et interpeller la gouvernance mondiale d’une société désormais globalisée. Ce fut le cas du Rapport Mapping du Haut-commissariat aux droits de l'homme (HCDH), datant d’août 2010. Il décrit avec précision et documentation à l’appui les violations, les plus graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire, commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la RDC. Human Rights Watch multiplie des rapports détaillés et dépeint notamment la répression des manifestants pacifiques, assassinat d’opposants et massacre d’ethnies suspectées d’hostilité au régime. Sa dernière publication, le 4 décembre 2017, intitulée « Mission spéciale : Recrutement de rebelles du M23 pour réprimer les manifestations … »i, retrace, preuves à l’appui, comment le régime a recruté des tueurs professionnels ougandais et rwandais pour mater la population congolaise.

 

La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (fidh) vient de publier, le 20 décembre 2017, un rapportiiaccablant relatant l’ampleur et la gravité des atrocités commises au Kasaï, par l’armée congolaise et ses supplétifs de la milice Bana Mura, contre l’ethnie Luba ; accusée d’hostilité au régime. Pour la fidh, le degré d’organisation et de planification des massacres révèle une stratégie de terreur et de destruction délibérée, constitutive des crimes contre l’humanité. La FIDH dépeint un décor apocalyptique : un Etat tuant sa propre population ; qu’il est censé protéger : « villages détruits à l’arme lourde, attaques d’hôpitaux et de lieux de culte, exécutions, tortures et mutilations, violences sexuelles, pillages, arrestations et détentions en dehors de toute procédure légale… »Tout s’inscrit dans une instrumentalisation récurrente des constantes tensions et des violences excessives, affirme FIDH, afin d’apeurer la population et de conserver le pouvoir par la diversion et le chaos.

 

Cette barbarie se conjugue aux horreurs burundaises et rwandaises pour démontrer la responsabilité occidentale en cette Afrique sous son influence. Vis-à-vis des Africains, l’Occident peut se racheter et, avec lui, sa gouvernance mondiale bâtie autour de l’ONU. L’apport peut d’abord revêtir un aspect humanitaire. A cet effet, la réponse appropriée comporterait l’assistance en biens et services aux familles endeuillées et aux déplacés ainsi que par des enquêtes indépendantes pour répertorier des cas constitutifs de crime contre l’humanité et y répondre par des sanctions ajustées. Mais, face au génocide en cours, l’urgence absolue s’impose et elle consiste à stopper les tueries de masse et les exterminations ethniques. C’est pourquoi, il serait souhaitable de voir la France se référer au chapitre VII de la Charte des Nations-Unies pour requérir, auprès du Conseil de Sécurité, une force d’imposition de la paix.

 

Un pays au paroxysme d’un marasme multidimensionnel et multiforme

 

Excellence Monsieur le Président,

 

La crise, qui frappe la RDC, ne touche pas seulement le point le plus aigu de son exacerbation, elle affecte également moult domaines et se développe sous multiples aspects. Certes, Elle est d’abord politique. Elle ébranle aussi l’essence même de l’Etat, roussit les institutions, enfièvre l’économie et embrase le social. C’est l’Etat qui est en crise lorsqu’il y a trop d’Etat là où l’Etat n’est pas nécessaire et, paradoxalement, l’Etat est inexistant là où il est indispensable. L’excès d’Etat s’illustre notamment par les tracasseries administratives sous toutes les formes, la pression policière tous azimuts, l’exposition à l’arbitraire, la répression des libertés fondamentales… La carence d’État se fait sentir de manière plus acerbe encore dans des domaines vitaux ; tels que la sécurité des personnes et des biens, le revenu décent pour la grande majorité de la population, la régularité du salaire pour les fonctionnaires de l’Etat, y compris dans l’armée, le délabrement, voire l’inexistence, des infrastructures de base, l’inaccessibilité aux besoins fondamentaux du quotidien : eau, électricité, l’éducation, soins médicaux…

 

La dimension politique de la crise est reflétée par l’aversion unanime qu’inspirent le régime et les animateurs des institutions lui assurant l’impérium. Rejetée et méprisée par le peuple, la kléptocratie régnante se voit obligée de recourir à la corruption, au clientélisme et à la répression pour s’imposer. D’où l’oligarchisation du pouvoir par une minorité ; s’appropriant tout pour toujours s'enrichir de manière insolente et le démontrant avec arrogance.

 

La crise institutionnelle est à son comble ! Après les tripatouillages électoraux en 2006 et en 2011, tous les scrutins ont, depuis lors, été constamment repoussés jusqu’au point où, toutes les institutions, du pouvoir local au sommet de l’Etat, sont hors-mandat. Celui du chef de l’Etat a expiré le 20 décembre 2016. Mais il multiplie des pirouettes pour se maintenir illégalement. Les restrictions du droit à la liberté d’expression, l’interdiction des manifestations publiques, les répressions sanglantes des mouvements de contestation pacifique et de défense des droits de l’homme sont à leur paroxysme. En cette société mondialement globalisée, en quête des valeurs universelles et en construction des normes communes, comment comprendre l’abandon du peuple congolais, pourtant assujetti par des étrangers et envahi par les multinationales, à un tel triste sort depuis des lustres ?

 

La crise congolaise est encore plus aiguë aux niveaux économique et social. Car, l’économie est surtout agricole. Mais, à cause des nettoyages ethniques et de l’insécurité généralisée, seuls 3 % des terres arables du pays sont exploitées. Le Congo aurait pu compter sur l’exportation de ses matières premières mais toutes les recettes des exportations sont détournées par l’oligarchie au pouvoir. L’appareil productif vieillit et devient obsolète. Plus de 90 % des personnes actives sont au chômage forcé. Les fonctionnaires accusent des années d’arriérés de salaires. Avec une inflation galopante à, parfois, plus de trois chiffres et les défaillances du système bancaire, rien n’incite à l’épargne. C’est ainsi, et cela va de soi, que la pauvreté est extrême en RDC. Plus de 90 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Selon le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), le pays est classé au dernier rang, 186ème, de l’indice du développement humain et plus de 89 % de la population sont sans le moindre revenu. Le seuil du concevable est donc largement dépassé.

 

Prévenir un terreau du terrorisme international en perspective

 

Excellence Monsieur le Président,

 

Alors que la Méditerranée s’est illustrée comme cimetière à ciel ouvert pour les Africainsiii et que des reportages, destinés à montrer aux potentiels immigrants africains en Occident qu’ils n’y sont pas les bienvenus sont légion, pourquoi le flot de migrations africaines vers l’Europe ne faiblit pas ? Force est de réaliser que l’immigration n’est pas le produit d'une génération spontanée, sans ascendants. Horrifié, comme d’autres, après ces scènes des migrants subsahariens vendus comme esclaves en Libye, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, s’était engagé à tout mettre en œuvre pour l’épanouissement des Africains dans leurs propres pays et conjurer ainsi l'aventure du désert et de la mer au péril de la vie.

 

Il abondait dans le même sens que l’ancien Premier-ministre britannique, Tony Blair, qui déclarait : «Le 11 septembre 2001 a fait voler en éclats une illusion ; celle que l’Occident pouvait jouir d’une vie paisible et prospère quel que soit l’état du reste du monde. Pourtant, une fois que le chaos et les conflits se sont emparés d’une région ou d’un pays, ces troubles ne tarderont pas à s’exporter. Ces régions… deviennent le point de départ des tragédies humanitaires. Ils constituent des centres de trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains. Ils abritent des organisations criminelles et sont des sanctuaires pour les terroristes […]. La fleur du mal trouve un terreau particulièrement fertile là où perdure l’injustice, où l’on laisse pourrir des conflits durant des années […], où l’Etat a failli et où règnent la pauvreté et les privations ». C’est dans cette perspective que l’expansion irrépressible de la crise congolaise constitue désormais l’un des futurs dangers majeurs, non seulement pour la région africaine des Grands-Lacs, mais aussi pour le monde. Comment l’Occident pourrait-il rester continûment épargné de la misère et de l’instabilité qu’il entretient en Afrique, au Congo notamment ? A Genève, le 26 janvier 2015, dans une allocution au Congrès mondial sur la justice, l’ancien Conseiller fédéral helvétique, Didier Burkhalter, martelait : « Prévenir – si l’on veut pouvoir guérir ». Il n’est donc pas encore trop tard pour prévenir cette catastrophe ; qui pourrait s’avérer cruciale si le terrorisme international y élit aussi son domicile.

Merci de la constance de votre soutien !

 

Excellence Monsieur le Président,

 

C’est depuis 1999 que la France est en première ligne pour mobiliser les Nations Unies à s’engager dans la construction de la paix et la stabilité en RDC. Sous l’impulsion de la France, le Conseil de sécurité avait pris acte et soutenu l’Accord de Lusaka. Dès lors, il avait autorisé l’envoi d’officiers de liaison. Puis, par sa résolution 1279 du 30 novembre 2000, avait créé la Mission de l'Organisation des Nations unies en RDC (MONUC) pour y maintenir la paix. Depuis lors, nous avons suivi et apprécié le précieux travail de fourmi abattu par la diplomatie française pour adapter la mission des casques bleus aux besoins réels fluctuants du terrain congolais. Nous savons notamment que la France était à la manœuvre dans la signature, le 24 février 2013 à Addis-Abeba, de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération en RDC destiné à s’atteler aux causes profondes du conflit et de garantir la paix durable tant au Congo que dans l’ensemble de la région. Nous félicitons la diplomatie française d’avoir incité aux prorogations successives du mandat de la MONUC et, surtout, à sa reconversion en mission avec mandat plus approprié au contexte et plus efficace grâce à l’ajout de la « Brigade d’intervention rapide ».

 

L’aide française au Congo est d’autant plus appréciée qu’elle est constante, soutenue et concrète depuis des lustres. Dans certaines contrées, c’est elle qui supplée à la défaillance de l’état congolais pour des besoins primaires, tels que l’eau potable, l’éducation… Nous apprécions à sa juste mesure le rôle d’interface que joue la France entre la RDC et la communauté internationale. Confiants qu’elle ne nous lâchera pas en ces temps critiques, nous exprimons, ici et sans complaisance, les attentes du peuple congolais, de ceux qui aiment la RDC et de tous ceux qui se préoccupent de la sécurité dans le monde. Au XVème Sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à Dakar, l’ancien chef de l’Etat, François Hollande, s’engagea alors de manière explicite : « […] Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire valoir la justice, le droit et la démocratie […] ». Et la célèbre « Déclaration de Bamako », novembre 2000iv, sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone, donne à l’OIF multiple outils d’intervention dans cette perspective. Cependant, le peuple congolais, laissé pour compte, s’indigne et dénonce certaines alliances sur l’exploitation de ses richesses.

 

Sortir du chaos, apurer les institutions, réhabiliter la fonction régalienne de l’Etat

 

Excellence Monsieur le Président,

 

La RDC est confrontée à un chaos juridique et institutionnel inouï et affligeant. Aujourd’hui, aucune institution représentative de la volonté populaire n’y jouit de légitimité. Les mandats des sénateurs nationaux, des députés et gouverneurs provinciaux ont expirés en 2012. Celui du chef de l’Etat depuis le 20 décembre 2016 et ceux des députés nationaux en février 2017. Les élections, censées renouveler ces organes, sont constamment différées. Leurs animateurs s’opposent à l’alternance démocratique. Les juges des cours et tribunaux sont asservis au régime ; alors que la commission électorale nationale dite indépendante (CENI) n’exécute que ses volontés. On tue, on corrompt, on vole et viole la Constitution en vue de se maintenir au pouvoir sans autre projet ni ambition. Personne n’a cure du droit et des exigences de la bonne gouvernance. Il est donc grand temps de rendre justice aux millions de Congolais tombés sous les balles du régime. Une action coercitive s’impose ; si on veut anesthésier cette oligarchie de copinage, cette complicité généralisée dans l’incurie et la prévarication.

 

Intellectuel reconnu de grande valeur et combattant acharné de la démocratie, Prof. André Mbata Mangu, affirmait que « le silence devient un péché ; lorsqu’il prend la place qui revient à la protestation devant l’ignominie ; et d’un vaillant homme, il fait alors un lâche ».

 

Aussi, faut-il reconnaître qu’on ne peut pas aller aux élections sous un régime de pire répression et avec tous les organes officiels de contre-pouvoir à la solde d’une imposture ; qui a déjà, et à maintes reprises, démontré l’étendue de sa mauvaise foi ! Ainsi, bien que bénéficiant de la paisible vie, que nous offre l’Europe, dont la grande majorité d’entre nous a pris la nationalité, nous ne saurons rester indifférents aux atrocités que subissent de larges pans de l’humanité. Prenant conscience de l’implosion et de l’ampleur de la tragédie susceptibles de surgir du chaos machiavéliquement ourdi et entretenu par un régime méprisé par son propre peuple, soucieuse de prévenir une nouvelle déflagration dans la région africaine des Grands Lacs, la CCE propose deux scenarii à même de conjurer cette détonation et résorber la crise avec des perspectives de sortir durablement d’une impasse ; qui n’a que trop duré :

 

1. Instruite, édifiée et orientée par l’histoire des interventions onusiennes en zones de conflit et inspirée par le pragmatisme, la CCE fait observer que la mission onusienne au Congo n’est plus à la hauteur de la tâche. Elle en appelle donc à un mandat coercitif, mieux adaptée à l’évolution des circonstances, pour arrêter le génocide des Congolais et pour imposer la paix. Ensuite, une administration onusienne sous la direction d’une personnalité de devoir, rompue à l’exercice gouvernemental et au bénéfice d’une large estime jusqu’au-delà des frontières de son propre pays, serait plus à même de rétablir la sécurité et l’autorité de l’Etat ; en neutralisant les forces négatives, qui pullulent désormais dans tout le pays. Elle réhabiliterait les institutions régaliennes et organiserait, à l’instar du Kosovo en 1999, les principales élections dans le climat de sérénité, de confiance, de consensualité et d’inclusivité. Habitué aux bons offices dans le concert des nations et jouissant d’un large prestige à ce niveau, l’Hexagone n’aurait alors qu’une pléthore de choix entre candidats au profil requis pour s'acquitter d’une telle mission ;

 

2. Toutefois, face à d’éventuels relents nationalistes réfractaires à ce schéma, l’autre scénario, plus conforme à la quête de la convergence, au principe de consensualité et d’inclusivité ainsi qu’au prescrit de la Résolution 2277 du Conseil de sécurité consisterait, selon le mécanisme de concordance démocratique, d’une transition consensuelle entre Congolais, sans violer la Constitution et sans mépris pour le souverain peuple congolais. L’animation des institutions serait confiée aux technocrates issus de la Société civile congolaise et s’engageant à ne pas concourir, à quelque mandat que ce soit des élections dont ils piloteraient l’organisation. A cet égard, la CCE préconise l’organisation des Etats généraux de la Société civile congolaise en France pour dégager un consensus et faire émerger, de manière consensuelle et inclusive, des institutions chargées de ramener le calme et de préparer, dans un délai raisonnable à convenir, un processus électoral crédible, transparent, apaisé et sans exclusive.

 

Nos doléances concrètes

 

Excellence Monsieur le Président,

 

Relevant de la société civile et militant en faveur de l’avènement de la démocratie au Congo, la CCE veut participer au vent de démocratie qui, comme à l’époque de la Chute du Mur de Berlin, ou à l’instar des récents Printemps arabes, souffle à nouveau sur l’Afrique. Cette fois, les aspirations africaines sont d’autant plus profondes, solides et déterminées qu’elles viennent d’en bas. Décelant ici les signes d’un profond changement, à même d’en entraîner d’autres, la CCE serait reconnaissante au peuple français de témoigner, à travers elle, sa solidarité au peuple congolais. L’un des témoignages de cette solidarité ne réside-t-il pas dans la disponibilité légendaire de la France à offrir ses bons offices à d’autres nations ? Ainsi, la CCE souhaiterait compter sur la République française pour répondre, par des actions concrètes, à l’appel de détresse du peuple congolais en danger, en le soutenant dans ses aspirations les plus urgentes. De telles actions tangibles peuvent être de divers ordres, dont, notamment :

 

Primo

 

A l’instar de la Résolution 1244 face au massacre des civils bosniaques musulmans à Srebrenica ou de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan et conformément au chapitre VII de la Charte de l’ONU, la CCE aimerait voir la France prendre en compte l’évolution récente de la situation sécuritaire sur le terrain, notamment l’inefficacité et l’incapacité avérée de la MONUSCO à protéger les civils et à rétablir la paix, pour initier, au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU, une résolution en faveur d’un mandat spécial d’imposition de la paix en RDC afin de stopper, au plus vite, le génocide et l’extermination ethnique actuellement en cours dans plusieurs coins du pays, notamment au Kasaï, dans le Kivu et au Kongo-Central ;

 

Secundo

 

Face à l’afflux intarissable des personnes brutalement rejetées dans la nature par les violences, qui affectent plusieurs provinces du pays et génèrent des besoins dépassant les capacités de réponse de l’aide humanitaire sur le terrain, la CCE en appelle à une aide française d’urgence pour sauver les rescapés, dont la grande majorité est constituée de femmes, de mineurs et de vieillards ;

 

Tertio

 

Tant que l’illégitimité y règne à tous les niveaux des instances de l’Etat, la CCE demande à la France d’une part, de suspendre, à titre conservatoire, la coopération bilatérale avec la RDC, à l’exception des programmes, qui bénéficient directement aux populations civiles et de ceux qui peuvent concourir au rétablissement de la démocratie et d’autre part, d’amplifier ces derniers en y incorporant les projets de la diaspora qui ont un impact significatif notamment dans les domaines économique et socio-culturel ;

 

Quarto

 

Corrélativement, la CCE apprécierait voir la France apporter son soutien logistique à l’organisation, en dehors des frontières congolaises, en France même et sous le haut patronage du Parlement français, les Etats généraux de la Société civile congolaise visant à dégager un front patriotique commun et jeter les bases d’une transition politique technique consensuelle ;

 

Quinto

 

Comme ils le firent pour d’autres dictatures en déclin, la CCE serait reconnaissante de voir les parlementaires français initier une séance d’information sur la situation, qui prévaut en RDC, au niveau du Palais de Bourbon en y acceptant les exposés des acteurs congolais de terrain.

 

Excellence Monsieur le Président,

 

le peuple congolais serait à jamais reconnaissant à la France, à l’Union Européenne ainsi qu’aux autres pays qui s’impliqueraient dans la résolution de cette crise, si votre action, en faveur de l'instauration d'un État de droit, s'abattait sur les responsables du régime sanguinaire, certes, mais aussi aux organisations et à ceux qui tirent des profits de ce chaos délibérément entretenu. Si elle débouchait en outre sur la traduction de M. Kabila, de ses complices et de ses commanditaires devant une cour internationale impartiale, elle aurait l'avantage de mettre un terme à de pareils pires crimes contre l'humanité, crimes de guerre ou de génocide pour dissuader les velléités d'autres régimes despotiques ; qui horrifient tout le monde et endeuillent la communauté ici et là, notamment en Afrique.

 

Suivant l’exemple des partis et plates-formes politiques ainsi que des mouvements citoyens, l’appel du Comité Laïc de Coordination (CLC) à la mobilisation générale lancée contre l’imposture et l’ignominie le dimanche 31 décembre 2017 et, surtout, le maintien d’un tel mot d’ordre, en dépit du niveau effroyable de la barbarie répressive, tuant de sang-froid à balles réelles et à bout portant de paisibles citoyens, qui n’avaient pour moyens d’expression que des Bibles, des chapelets et des crucifix, doivent démontrer à la France et la convaincre que la désormais intrépide détermination du vaillant peuple congolais finira par avoir raison d'un régime unanimement rejeté et suscitant aussi bien mépris que répulsion. Et ce d’autant plus que la diaspora congolaise, avec les divers statuts de ses membres ici et là, est également mobilisée à prendre sa part au combat, voire à jouer de primes rôles.

 

Les intérêts, à long terme, de la France dans le plus grand pays francophone au monde ne peuvent être bien défendus que par une élite bien trempée dans la culture et l’amitié séculaires franco-congolaises. Sous l’impulsion de la CCE, la Société civile congolaise s’engage à les garantir dès aujourd’hui. Ainsi, édifiée par sa propre histoire, la République française doit se rendre à l’évidence que les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais ; le jour viendra où le peuple congolais nouera des alliances propres à l’aider à assouvir ses plus profondes aspirations : sa souveraineté et la démocratie.

 

Fait à Genève, le vendredi 8 janvier 2018

 

Au nom de la Convention des Congolais de l’étranger (CCE),

 

 

M. Ackys Kituba (Royaume-Uni) Séverine Tshimini Mbuyi

Haut-représentant chargé des Relations extérieures et Contactsla Présidente

 

Pasteur Simon-Pierre Tshitungu (Allemagne)

Haut-Commissaire chargé de l'information et de la communication, Porte-parole de la CCE

 

M. Mike Justin Kabongi Alimasi (Suisse)

Haut-commissaire chargé des Affaires administratives et stratégies, Président de la CCE-suisse

 

Prof. André LO (France)

Haut-Commissaire chargé d’étude et faisabilité des Projets

 

Mme Suzanne Monkasa (Belgique)

Présidente de la Commission des Sages

 

Mme Anastasie Mutoka (France)

Membre de la CCE

 

M. Michel Kabwe (Royaume-Uni)

Membre de la CCE

 

 

P.S. Ci-après, quelques liens en rapport avec le sujet :

- http://www.congoindependant.com/antipas-mbusa-nyamwisi-lennemi-est-parmi-nous-il-faut-le-chasser/

- http://www.radiookapi.net/2017/03/31/actualite/securite/les-fosses-communes-passent-de-7-23-au-kasai-selon-lonu#sthash.lEFMVCB4.dpuf

- http://www.radiookapi.net/2017/03/31/actualite/securite/violences-au-kasai-leglise-catholique-demande-aux-

 

 

 

 

iii Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 3’700 victimes en 2015 ; soit plus de 17 personnes englouties chaque jour par les eaux de la mer.