la Société civile congolaise à la barre

 

Convention des Congolais de l’Etranger (CCE)

République démocratique du Congo (RDC)

 

 

 

 

 

Appel aux Etats généraux de la Société civile congolaise

 

Un schéma pour sortir de l’imposture

 

Mémorandum

aux forces vives de la Patrie

 

Par la société civile, vers un front patriotique commun

 

 

 

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Peuple congolais,

 

Comment ceux qui sont incapables de réussir l’opération « Villes mortes » pourront-ils déclencher un soulèvement populaire à même de déboucher sur le renversement du régime ? Les temps sont donc gravissimes et l’heure de la responsabilité et de l’action collectives a sonné. Car, même ce « simple » soulèvement populaire, ici et là souvent évoqué, ne s’improvise pas. Il exige un minimum de préparation et de planification ; surtout si on veut qu’il procure les résultats escomptés. C’est bien cela le sens subliminal de l’appel aux forces vives de la Nation à se prendre en charge pour se libérer du joug de ses oppresseurs. Les pages, qui suivent, voudraient en montrer aussi bien la teneur que la procédure. Elles proposent un schéma de réorganisation de la Société civile congolaise afin qu’elle reprenne, avec claire conscience, les rênes de son destin. Ainsi, avant la fin de cette année 2017, c’est du sein de la Société civile congolaise, en tant que synthèse et dénominateur commun de toute la patrie, que doivent émerger les institutions à même de renverser l’ordre politique actuel désavoué. Comment ?

 

En effet, il est urgent d’aller jusqu’au bout de la logique de la transition sans Kabila. Car, face à la prévarication, à la répression et à la corruption du régime kabiliste, qui a désorganisé le peuple congolais dans toutes ses sphères structurelles et, plus spécifiquement l’opposition politique, il est temps de voir émerger une plate-forme fédérative à même de réorganiser le combat pour la démocratie et l’alternance avec plus de compétence et d’efficacité. Remettant en question l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la crédibilité d’un processus électoral complètement vicié, la Convention des Congolais de l’Etranger, CCE en sigle, soucieuse de déboucher sur une structure faîtière incontestablement et légitimement représentative de la Société civile congolaise ainsi que pour définir les principes, les modalités, les institutions et les termes de référence de la mise en place d’une transition sans Kabila, entend organiser, avec l’appui logistique des fondations de bienfaisance et des chancelleries bienveillantes, les Etats généraux de ladite Société civile congolaise. Rejetant la publication fantaisiste d’un calendrier électoral abracadabrantesque ainsi que tout scrutin majeur dans le contexte actuel de corruption, de mal gouvernance et d’occupation, la CCE en appelle à la concertation de toutes les forces vives de la Nation pour finaliser un front patriotique commun, déchoir les institutions kabilistes et jeter les bases de l’après-kabila.

 

L’impératif d’une transition sans Kabila

 

Lui-même ainsi que ses parrains et lieutenants rêvent, par tous les moyens, d’une prolongation infinie de son bail à la tête de l’État. Pourtant le bilan, de janvier 2001 à ce jour, de l’ex-chef de l’Etat à la tête de la République démocratique du Congo (RDC) est plus qu’épouvantable. En dix-sept ans de règne, rien n’a été fait pour la population. Pas d’eau courante, pas d’électricité. Pis, Kabila n’a pas été capable d’assurer la sécurité intérieure et extérieure du Congo. Plusieurs organisations non gouvernementales, sous l’impulsion de Human Rights Watch et d’Amnesty International accusent son régime de pires atrocités sur son propre peuple. Alors que les partenaires internationaux de la RDC, Union européenne et États-Unis en tête, sont de plus en plus nombreux à l’accuser d’étêter le prestige de la civilisation occidentale, la démocratie, par le rétrécissement de l’espace politique caractérisé ces dernières années par une répression cruelle et implacable contre les opposants au régime. Même les journalistes sont empêchés de faire leur travail pour témoigner des événements historiques que traverse le pays et leurs rapports sont cruels pour l’image de l’influence occidentale dans une Afrique déjà confrontée à des difficultés existentielles graves et à une régression anachronique bien affligeante. Pour les Congolais, que nous sommes nous-mêmes, il est impérieux de nous rendre à l’évidence que plus le temps passe, plus l’emprise du système Kabila sur la Mère-patrie se renforce, plus encore l’occupation du pays se consolide et il sera plus difficile de s’en défaire. Pour le pays, pour l’Afrique et pour le monde civilisé, l’impératif d’une transition sans Kabila s’impose.

 

De la mal gouvernance à l’obstination dans l’illégalité tragique

 

La RDC est régulièrement classée au dernier rang de l'indice de développement humain du PNUD. Car, 87,7 % de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté ; fixé à 1,25 dollar par jour. Près des trois quarts des 80 millions de Congolais (74 %) vivent en dessous du « seuil de pauvreté multidimensionnel » ; qui tient compte de l'accès aux soins et de l'alimentation. Néanmoins, après les tripatouillages électoraux de 2006 et de 2011, un nouveau « calendrier global des élections » avait été publié le jeudi 12 février 2015. Depuis lors, aucune échéance électorale majeure n’a été tenue. Prévues fin octobre 2015, les provinciales (élection des députés provinciaux), les communales (conseillers municipaux) et les locales (conseillers de secteur) ont été reportées sine die. Même sort pour les sénatoriales et pour l’élection des gouverneurs de province, initialement fixées entre le 13 et le 31 janvier. De même, déjà frappée d’illégitimité originelle, la Chambre basse du parlement est également devenue illégale depuis le vendredi 17 février 2017 ; date d’expiration du contrat de cinq ans qui liait constitutionnellement les députés au peuple souverain. Il en a été de même pour le chef de l’Etat lui-même depuis le 20 décembre 2016. Plus aucune institution étatique éligible n'est dans la légalité constitutionnelle. Officiellement, le régime invoque des obstacles logistiques, financiers notamment. En réalité, tout le monde s’accorde à reconnaître que Joseph Kabila joue la montre ; car, il ne semble pas envisager son avenir sans trône. Alors que le pays traverse une crise multiforme, complexe et très profonde, conjuguée à une guerre civile permanente. L’obstination du régime dans l’usurpation et l’irresponsabilité est tragique. Que faire ?

 

De l’impératif aux moyens de neutraliser le régime désavoué et illégal

 

L’équipe de Joseph Kabila a largement abusé de la patience du peuple et de la plupart des instances internationales. Même l’Accord politique de la Saint-Sylvestre (31 décembre 2016), lui accordant un généreux sursis d’un an de pouvoir hors-mandat constitutionnel, a été allégrement foulé aux pieds. Les regains de violences se multipliant sur l’ensemble du territoire et causant des déplacements de centaines de milliers de personnes dans tout le pays, le laissent dramatiquement indifférent. Pourtant, ces mouvements de population restent catastrophiques. Des millions de Congolais sont dans une situation sanitaire grave, du fait de la faiblesse du système de santé. Les infrastructures du pays, déjà peu nombreuses ou en mauvais état viennent désormais à manquer, faute d’entretien et sont saturées du fait de l’afflux des déplacés. Les exactions récentes dans la région du Kasaï ont amené des dégâts tant humains que matériels incommensurables (destruction des foyers, des centres de santé et des écoles). Plus d’un million de personnes ont été forcées à se déplacer et courent le risque d’insécurité alimentaire, dont des enfants menacés de malnutrition. Zone endémique du choléra, la prévalence de la maladie s’y aggrave à cause des pratiques d’hygiène à risque et le manque d’approvisionnement en eau potable des populations déportées par les conflits. Ces déplacés perdent leur source de revenus et leurs biens, ce qui les place dans des situations de grande vulnérabilité et de grave insécurité. L’impératif de stopper cette spirale est donc indéniable !

 

Aussi, bon nombre de Congolais ont-ils accueilli avec satisfaction la visite de l’Ambassadrice américaine au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, Mme Nikki Haley. Faisant suite à ce périple congolais de la représentante du Président Trump, un calendrier électoral a été précipitamment publié le 05 novembre 2017. Néanmoins, ce calendrier apparaît fantaisiste et destiné à consacrer un deuxième glissement inconstitutionnel du régime Kabila. La CCE s’insurge fermement contre ce stratagème cautionnant l’impunité et la poursuite des tueries, violations massives des droits humains, épurations ethniques à large échelle. Hélas ! Il consacre la DICTATURE au détriment de la DEMOCTATIE. Pour inverser la donne, la CCE en appelle à la neutralisation et à la liquidation de ce régime de prédation et de la mort largement désavoué par tous. Mais comment s’y prendre ? L’article 64 de la Constitution congolaise appelle tout Congolais à faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force. Face à un pouvoir de répression et d’occupation, le peuple Congolais a-t-il les moyens de faire appliquer cet article 64 de sa constitution ? Quelles sont les forces effectivement en présence ?

 

Face à la confrontation : forces et faiblesses du régime désavoué

 

Pour avoir régné sur le Congo pendant presque deux décennies, Joseph Kabila en a profité pour renforcer sa mainmise sur quasiment tous les moyens de l’État, le dispositif sécuritaire notamment, et use à sa guise de tous les attributs de pouvoir. Bien que sa dénomination s’articule autour de la république et de la démocratie, il n’y a pas de séparation des pouvoirs au Congo et toutes les autres instances de l’Etat sont à la solde du maître des lieux ; y compris les institutions d’accompagnement de la démocratie telles que les médias et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Réputé d’obédience protestante, Kabila bénéficie en outre d’un large soutien de l’Église du Christ au Congo et des nombreuses Églises évangéliques, dites de réveil ; qui pullulent dans le pays. Elles lui offrent un contrepoids de choix face à la superpuissante Église catholique, présumée hostile à son régime. Mais, en interne, le plus grand atout de Joseph Kabila ne réside-t-il pas dans la corruption ; avec laquelle il peut obtenir tout ou presque ; notamment la complaisance de ceux qui devaient servir de garde-fous au régime ? Issu d’une coalition des envahisseurs patentés et très adroit dans les affaires, Joseph Kabila compte de multiples parrains et soutiens visibles et invisibles à l’international. Aussi, renverser le système suppose-t-il d’évaluer rigoureusement aussi bien ce qu’il en coûte que ce qui réellement possible. Il faudrait notamment s’assurer que ceux à qui on s’adresse comme allié pour combattre le régime ne soient pas finalement, insidieusement peut-être, des complices et un piège qu’ils nous tendent pour nous surprendre encore.

 

Par contre, les réelles faiblesses du système Kabila sont minimes et plus à minimiser. La plus sérieuse réside dans le verrou constitutionnel ; qui contraint désormais le dictateur à quitter le pouvoir depuis le 20 décembre 2016. Fruit de l’Accord de paix de Sun City, qui, en 2002, a mis fin à près de cinq ans de guerre civile, la Constitution en vigueur dispose, sans ambiguïté, que la limitation du nombre des mandats ne peut être modifiée. Les possibilités pour contourner ce verrou constitutionnel ne sont pas légion et le peuple lui-même y a été assez conscientisé pour en faire son arme de prédilection. Pendante à cette sûreté constitutionnelle et apparente ou réelle, la fermeté des Occidentaux, les États-Unis en tête, réconforte fermement ceux qui souhaitent l’alternance au Congo. Mais a-t-il déçu certains de ses parrains ? Toujours est-il que plusieurs Occidentaux s’appuient publiquement sur la Constitution congolaise pour empêcher Joseph Kabila de rempiler à la fin de son deuxième et dernier mandat. Par ailleurs, le bilan de la gouvernance kabiliste et les indicateurs sociaux font également pression dans le même sens. Les Congolais peuvent-ils saisir ce contexte pour renverser le régime qu’ils désavouent ?

 

Face à la confrontation : forces et faiblesses du camp du changement

 

Que l’on pense à son émiettement ou à sa propension à la corruptibilité, contrairement au camp du pouvoir, les faiblesses du clan du changement sont multiples et criantes. Déjà à ces niveaux, elles ne laissent que peu d’espoir de voir triompher le combat patriotique en faveur de la démocratie et de l’alternance. Mais le camp du changement est surtout et gravement démuni d’atouts élémentaires du combat politique rudimentaire. Ainsi, déjà dépourvu de moyens militaires pour s’opposer à un régime, qui n’existe et ne se maintient que par une féroce répression, le peuple congolais doit également faire face à d’énormes déficits logistiques. Il n’a notamment pas les moyens financiers à même de l’aider à se restructurer pour prendre des initiatives sur les plans politique et diplomatique. Il lui manque plus cruellement encore d’organisation visible et audible, à même d’influencer une quelconque politique en sa faveur ou d’orienter un processus à l’encontre des aspirations du régime Kabila. A l’instar de l’étouffement du Rapport Mapping sur les crimes de génocide en août 2010, de l’imposition du XIVème Sommet de la Francophonie à Kinshasa en octobre 2012 ou, encore tout récemment, de l’élection de la RDC au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, tout se passe comme si le peuple congolais n’a aucune recette pour se défendre tant à l’échelle nationale que dans le concert des nations.

 

Au-delà de ses faiblesses logistiques manifestes, le peuple congolais peut néanmoins compter sur les modulations du patriotisme en son sein et sur les exactions du régime pour reconstituer une communauté de destin soudée, à même de réagir plus opportunément et de manière plus pragmatique à sa mise en esclavage. Ainsi, tirant les leçons de leurs multiples échecs du passé, aussi bien l’opposition que la société civile congolaises n’ont cessé de tenter de se rassembler. Sous l’impulsion du mouvement citoyen Filimbi et de ses partenaires internationaux, elles se sont réunies à Dakar, en décembre 2015, avant d’annoncer le lancement du Front citoyen 2016 auquel des figures de proue, telles que Moïse Katumbi, ont adhéré. De son côté et après avoir fermement dénoncé les tripatouillages électoraux de 2011, la courageuse Église catholique congolaise s’est également prononcée en faveur de la défense de la Constitution. Ce qui lui permit de prendre la tête du mouvement de promotion de la démocratie comme rempart à ladite Constitution. Depuis lors, les tentatives de constituer un front patriotique de défense de la Nation congolaise sont légion. Mais, malheureusement, elles demeurent des étincelles d’un mouvement qui ne s’illustrent que par banals feux de paille. On rappellerait l’ambiance, en juin 2016, du Conclave de l’opposition de Genval et du lancement du Rassemblement des Forces politique et sociale congolaises acquises au changement (RASSOP). On serait tenté d’évoquer également la naissance, le 10 août 2017, du mouvement « Les Congolais debout » ou, de la signature, le 18 août dernier, du « Manifeste du citoyen congolais » à Chantilly. S’appuyant sur une lecture cumulative de ces tentatives, la CCE propose un schéma pour transformer l’essai.

 

Les alternatives possibles pour contrer et défaire le régime désavoué

 

Dans l’action politique, dans l’entrepreneuriat, voire dans l’action tout court, d’ordinaire, on s’organise d’abord en groupe d’intérêts (association, mouvement, parti politique ou entreprise), on se fixe ensuite des objectifs et on réunit les moyens en vue de réaliser les objectifs ainsi fixés. A la lumière de ce qui précède, force est de constater que la méthode a du mal à réussir dans les milieux congolais. C’est pourquoi nous proposons d’inverser l’approche en sautant l’étape d’organisation structurelle pour aborder directement, l’objectif principal étant connu, la phase de sa réalisation : le renversement du régime politique désavoué par la mise en place des institutions parallèles à même d’exiger avec plus d’aplomb la transition sans Kabila ambitionnée. En effet, il y a plusieurs alternatives à même de conduire le peuple congolais à la démocratie et à l’alternance auxquelles il aspire. Dans le contexte actuel et avec pragmatisme, on peut cibler :

  • une guerre de libération ;

  • un soulèvement populaire ;

  • un recours à la communauté internationale ;

  • une stratégie politique de désaveu par des institutions politiques parallèles.

 

Au niveau de la Société civile congolaise, laquelle de ces alternatives est la plus à même de conduire le peuple congolais vers la sortie de la crise, vers le changement et la libération tant attendue de l’emprise extérieure sur les institutions de la République ? Toutes ces options sont valables à nos yeux. Nous optons donc de les laisser toutes ouvertes et de soutenir au besoin celles que d’autres que nous pourraient éventuellement prendre selon leurs analyses. Mais, pour notre part, laquelle estimons-nous la plus appropriée à la conjoncture du moment et la plus avantageuse au vu des forces en présence ? Par leurs indices intrinsèques, identifions !

 

  1. appeler à un soulèvement populaire

 

Le règne de Joseph Kabila n’est jalonné que des massacres, des assassinats, des répressions, des épurations ethniques, des exodes et des déplacements forcés des populations civiles. Certains pourront y lire la supériorité militaire redoutée d’un pouvoir envahisseur. C’est du reste bien de cet aspect infâme qu’une bonne partie de la communauté tutsie ne cesse de se vanter devant des Congolais frustrés et médusés. La réalité est plutôt celle d’une relation basée sur un malentendu et développée dans une effarante tromperie. Un peuple gouverné par ses propres bourreaux : voilà ce qui frappe ! La naïveté initiale a consisté à confier sa gouvernance et sa propre sécurité aux envahisseurs. Les Congolais n’ont pu se rendre compte que trop tard qu’ils sont désormais en situation d’otage. Cette infamie peut durer tant que les captifs n’imaginent pas des pirouettes les plus subtiles pour changer leur sort. Parallèles à l’affranchissement des certains parmi eux par leurs geôliers et à la corruption des autres, les répressions et les tueries font partie des stratégies du colon pour dissuader ses otages à entreprendre des initiatives de fuite. Elles auraient pu cesser d’intensité si elles suscitaient blâme, réprobation et sanctions à l’international. Or, depuis les carnages de Tingi-Tingi aux boucheries du Kasaï, en passant par les répressions de 2006, de 2011, par les horreurs de Beni, Butembo, Lubero ainsi que par ces multiples fosses communes ici et là, la gouvernance du monde reste sourdement insensible aux souffrances et à l’extermination du peuple congolais. Provoquer encore des boucheries aujourd’hui par une situation insurrectionnelle rimerait à quoi ? Si on examine ce qui se passe ailleurs, on réfléchirait trois cents fois avant d’appeler à un soulèvement populaire ; dont la suite s'avère imprévisible et l'issue très incertaine. Car, on sait quand et comment un conflit commence ; mais on ne sait jamais quand et comment il prend fin. Qui aurait cru, après tant de sacrifices consentis, que la junte militaire reviendrait encore au pouvoir en Egypte ?

 

Certes, ailleurs, les simples coups portés aux droits sociaux acquis, les élémentaires inégalités sociales sont d’emblée prétextes aux soulèvements populaires par ici ou de guerre civile par là. En dehors du Congo, de telles tensions trouvent systématiquement des médias pour les amplifier, des chancelleries et des organisations ad hoc pour les accompagner dans leur expansion. Pourquoi le plus tragique, qui se déroule depuis des décennies en RDC, ne jouit d’aucune solidarité à l’international et souffre d’une indifférence généralisée ? Pourtant, avec les dictatures successives et la récurrence des violences dans ce pays, les vagues conséquentes de ses réfugiés font désormais de la diaspora congolaise l’une des plus abondantes au monde. Pourquoi les Congolais ne réussissent pas à donner, depuis l’extérieur du Congo, l’écho à ce qui se passe dans leur propre pays ? Cela passerait notamment par des manifestations de réprobation dans les capitales des grandes nations du monde ou devant les sièges des grandes organisations internationales. Pour y arriver, il suffit de voir ceux qui ont déjà pignon sur rue, qui se considèrent eux-mêmes comme leaders d’opinions et aspirent à diriger le Congo de demain, provoquer, organiser et conduire des manifestations publiques dans ces grandes capitales occidentales où ils n’ont rien à craindre. Conçus sous cette forme, des cortèges de protestation réuniraient des millions des gens, et pas que des Congolais, et ne laisseraient plus l’opinion publique indifférente. Mais à quand une manifestation congolaise en Occident avec Katumbi, Tshisekedi et autres Dokolo en tête des cortèges ? En quoi serait-il excessif de l’envisager ?

 

Pourtant, ce n’est qu’à l’aune d’une répétition de telles mobilisations que l’acteur politique congolais, à l’instar du regretté Etienne Tshisekedi, construira l’aura auprès de ses concitoyens et que ses mots d’ordre pourraient être suivis au plus près de la lettre. L’appel au soulèvement populaire, lancé par ceux qui ne se prennent pas pour des demi-dieux et se font violence en se rachetant par une proximité auprès du peuple, aurait plus de chance de déclencher, à n’en point douter, quelque chose de grandiose et d’historique. Les grands hommes, qui ont marqué l’histoire de ce monde, Martin Luther King, Gandhi ou Mandela notamment, prêchaient par l’exemple, retroussaient les manches et se mouillaient dans l’action concrète ; avant que l’Histoire ne leur reconnaissent à jamais les mérites de héros de notre temps. Ici et face à l’imminence de l’échéance du 31 décembre 2017, que l’on doit vivre sans nouvelles maladresses, il n’y a plus qu’un pas que ceux qui se reconnaissent dans la peau de leader doivent franchir avec lucidité, pragmatisme et détermination. Nous sommes-là pour les soutenir et les y accompagner avec la même opiniâtreté, voire plus encore. Préparer dans ces conditions, le soulèvement populaire, que beaucoup appellent de tous leurs vœux, ne serait plus une illusion ; mais acte patriotique probant ; à même de contribuer de manière décisive à l’alternance tant recherchée et à un nouveau départ pour le Congo de Lumumba vers la prospérité. Mais avec qui le matérialiser ? Toutefois, au cours de ces dernières années, à part le cas exceptionnel du Burkina Faso, aucun dirigeant africain n'a été renversé par un soulèvement populaire, ni à cause d’un tripotage avéré des élections. Du reste, rien ne semble dessiner l'espoir d'une telle éventualité.

 

  1. déclencher une nouvelle guerre de libération, la v raie !

 

Comme à l’époque coloniale, la lutte contre la domination ou l’occupation étrangère qui, d’ailleurs s’est imposée par la violence et par des crimes, ne devient généralement sérieuse aux yeux du monde que quand elle prend la forme d’un conflit armé. Un cas si bien reconnu de légitime défense que les Conventions de Genève se sont finalement résolues, en 1977, à officialiser sous la forme du Protocole I ; qui fait alors référence au principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les Congolais ont donc le droit de se défendre et de se réapproprier, par tous les moyens, les terres de leurs ancêtres ; qui leur ont été subtilisées. Comme dans toute colonisation, ce sont encore les Congolais qui sont, aujourd’hui, chargés de les mettre en coupe réglée au profit du joug rwando-ougandais. Pour combien de temps encore faut-il laisser cette cocasserie se perpétuer ? Il faut admettre que chaque jour, qui passe, ne fait que renforcer les occupants dans leur position et ce d’autant plus qu’ils ne lésinent pas dans les stratégies d’abrutissement du peuple congolais. L’urgence de mettre un terme à cette infamie est la plus indiscutable des priorités. Mais, dans l’état actuel des choses, les Congolais ont-ils les moyens d’une guerre de libération contre cette coalition politico-militaire aux contours infinis ? C’est bien là toute la question ! Elle est d’une prime importance et nous enjoint à nous y pencher.

 

En effet, de par sa position actuelle, bien qu’avérée illégitime et doublée d’illégalité, ce régime d’occupation ne cesse de ramener, à dessein, constamment toute manifestation publique de protestation dans le pays à une connotation insurrectionnelle. Tant que l’évidence est si criante et tranchante, on lui laissera volontiers l’avantage du débat intellectuel sur cette incantation. Cependant, l’aberration la plus hallucinante, que l’on n’a nullement le droit de laisser passer, consiste dans le silence et le laisser-faire d’une communauté internationale fermant allégrement ses yeux devant l’inacceptable. Si les mémorandums tous azimuts, les manifestations publiques, les rapports des experts, les livres et les dénonciations solennelles n’ont toujours pas amené les chancelleries et instituions internationales à s’appesantir sur la crise congolaise comme il se doit, le conflit armé reste la voie royale pour attirer l’attention sur les horreurs congolaises. C’est aussi la pirouette la plus sûre pour obliger, lobbying en appui, le Conseil de sécurité de l’ONU à recourir aux mesures de protection applicables aux conflits armés internationaux de cet acabit, selon les termes du Protocole I des Conventions de Genève.

 

Mais, validant les acquis de l’expérience, force est de préciser qu’une guerre de libération est un double conflit : à la fois militaire et diplomatique. Elle est également une double guerre civile ; dans la mesure où il s’agit d’une guerre entre les communautés, occupants contre autochtones, d'une part et, d’autre part, à l'intérieur des communautés. On rappellera qu’au printemps dernier, le régime avait réussi à susciter des antagonismes interethniques et à opposer les unes contre les autres plusieurs ethnies frères du Kasaï. Il n’y aura donc pas que le classique état de belligérance opposant les collabos aux nationalistes ; même à l’intérieur des ethnies et des clans, les occupants et leurs serviles collabos sauront susciter des divisions jusqu’au sein des familles. Dans l’état actuel d’esprit au Congo, la guerre de libération se muerait vite et largement en guerre civile et menacerait sérieusement le pays d’implosion. Toutefois, du point de vue diplomatique, elle aurait de vives répercussions au-delà des frontières congolaises où les Congolais de la diaspora se mobiliseraient dans des initiatives concertées de lobbying. Le front patriotique commun pourrait ainsi naître et se consolider. Du point de vue strictement militaire, cette guerre de libération opposerait les patriotes combattants à tous leurs divers bourreaux, ci-haut identifiés, ainsi qu’aux affligeants collabos de ceux-ci. Dès lors, on peut espérer que l’un des pays voisins du Congo, poussé par sa population, dynamique interne, offre ses services en soutien à la résistance congolaise. L’Angola le fit jadis pour les « Gendarmes katangais ». Mais y a-t-il des Congolais prêts à s’enrôler aujourd’hui dans pareille expédition ? Combien seraient-ils disposés à la soutenir ne fût-ce qu’à distance ? Matériellement ou à y investir en visant la victoire ? Et lorsqu’on sait qui serait en face, ses effectifs, son matériel de combat, sa détermination, ses soutiens visibles et invisibles, il faut se rendre à l’évidence que ce sont les moyens colossaux qu’il faut mobiliser et dont les Congolais ne sont présentement que bien loin d’être ni à la hauteur, ni dans l’esprit.

 

  1. Faire recours à une force d’imposition de la paix

 

Les conséquences de l’invasion, puis de l’occupation du Congo par ses voisins de l’Est sont ahurissantes : plus de douze millions de victimes civiles congolaises, des viols se comptant également par millions et plusieurs millions aussi bien de réfugiés dans les pays voisins que de déplacés internes fuyant la répression et les épurations ethniques à grande échelle. Ailleurs, les multiples et divers témoignages sur des exactions et massacres, commis par l’armée régulière, auraient profondément choqué et provoqué des interventions militaires extérieures, une force d’imposition de la paix notamment, et contribué à tourner l'opinion internationale contre les tuteurs directs connus, en l’occurrence, le Rwanda et l’Ouganda. Mais, à l’instar du Rapport Mapping de l’ONU, août 2010, toute manifestation des preuves, à même d’exiger des sanctions contre les auteurs du génocide au Congo, est systématiquement et efficacement étouffée par des forces occultes. Le morcellement des Congolais eux-mêmes, incapables de faire une lecture convergente de la situation et de saisir la vraie portée des enjeux de l’heure, paralyse davantage les initiatives de lobbying auprès des instances internationales décideuses.

 

Pourtant, avec tout ce qui a eu comme cumul d’exterminations à l’Est et au Nord-est du pays, conjugué à l’holocauste en cours au Kasaï, les critères et conditions sont amplement réunis pour solliciter, auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, d’actionner le chapitre VII de sa Charte pour stopper la barbarie, qui n’a que trop duré au Congo. Certes, certains prétendront que l’initiative peut s’avérer complexe à conduire tant que le pays est sous occupation et que les masses congolaises n’ont pas, à l’échelle nationale et internationale, des mandataires à même de les défendre auprès des chancelleries et institutions décisionnaires. Pourtant, aussi bien le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement (RASSOP) que la Conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO) ont eu, tour à tour, voire simultanément, des occasions de jouer cette carte d’interpellation directe du Conseil de sécurité selon les termes du chapitre VII de la Charte de l’ONU. La CENCO a même pris parole solennellement, et à plusieurs reprises, devant l’auguste Conseil au paroxysme même de la crise kasaïenne. Curieusement, elle n’y a jamais fait allusion et, lamentablement, elle ne s’est pas offusquée de quitter cette vénérable tribune sans la moindre évocation symbolique ; mais avec un discours tragiquement creux. Auprès de la CENCO, tout comme auprès du RASSOP, les efforts de la diaspora, pour aider leurs délégations à mieux étoffer leurs interventions et à raffiner leurs stratégies à des moments cruciaux, sont souvent pris avec incompréhensible arrogance.

 

En RDC et en dépit de l’acuité d’une détresse terrifiante, tout se passe néanmoins comme si tout le monde était en quête de vedettariat. Quiconque fait la Une des médias, ne fût-ce qu’une fois, ou s’attire les caméras par une brillante initiative, il est immédiatement enclin à se prendre pour un demi-dieu et à regarder les autres de si haut qu’il y perd lui-même les repères. Que le phénomène se généralise chez les artistes musiciens, on peut encore le comprendre. Mais qu’il prenne la même ampleur chez les acteurs politiques et chez des responsables religieux dans des moments aussi critiques, il y a de quoi s’inquiéter. C’est notamment ce qu’on a déploré avec la CENCO, qui ne se froisse pas à promouvoir un troisième dialogue politique pour retrouver son statut médiatique en perdition. On le déplorera encore davantage dans le chef des signataires du « Manifeste du citoyen congolais » ; qui sont désormais inaccessibles pour promouvoir eux-mêmes cette alléchante initiative. Pourtant, le décor était si bien planté pour que ce Manifeste serve de catalyseur à la plus grande mobilisation et au plus large rassemblement possible des Congolais pour être plus visibles, parler d’une voix plus audible à ceux qui gouvernent ce monde et, éventuellement, représenter le peuple congolais devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour exiger, entre autres, l’application du chapitre VII de sa Charte. Du reste, vu le contexte, c’est ce qui s’apparente d’ailleurs à l’une de nos recommandations majeures.

 

  1. Demander une administration onusienne intérimaire

 

Cette matière relève du champ d’application du chapitre XII de la Charte des Nations-Unies. Le fait que cet objet s’applique à deux ou plusieurs sujets de droit international implique le recours à ce dernier pour mieux en saisir la portée. En effet, le droit international public conçoit l’administration comme la fonction d’assurer, sous l'autorité d’un gouvernement, l'exécution des lois et l’activité continue des services publics. Ici, nous considérons toutes les fonctions étatiques sur un territoire donné. Les prérogatives de puissance publique y seraient ainsi confiées à un ou plusieurs Etats, ou à un organisme international. Ces prérogatives seraient alors forcément transitoires ; c’est-à-dire, limitées à une période de temps déterminée à l’avance ; soit l’instauration d’un régime provisoire entre une disposition juridique antérieure et un droit nouveau. Dans un pays complètement déréglé, tel que le Congo aujourd’hui, et si tout le monde est de bonne foi, pourquoi une telle disposition susciterait-elle des controverses avant même de l’examiner en profondeur et d’opposer les avis contradictoires ?

 

En effet, même si, ici et là, on a décelé des difficultés à optimiser l'administration onusienne intérimaire dans ses objectifs primaires sur le terrain ; néanmoins, la chute du Mur de Berlin a, de manière globale, accéléré des mutations considérables dans les interventions des Nations Unies. Depuis lors, les missions de paix ont pris beaucoup de volume et sont devenues plus complexes. La plupart visent notamment à faciliter la mise en œuvre d'accords de paix globaux entre des protagonistes intra-étatiques. Certaines ont, de loin, dépassé le simple aspect sécuritaire pour prendre des contours multidimensionnels. Certes, elles s’occupent toujours de la défense des droits de l'homme ; mais elles vont aussi jusqu’à soutenir un processus politique, une assistance économique ou humanitaire, voire la construction d'un Etat de droit. Les mieux réussies ont souvent évolué de concert avec les organisations régionales coopérant avec l'ONU et ont fait de larges plages aux représentants territoriaux ainsi qu'à la population locale. Le cas de la transition politique au Kosovo, sous l’égide de l’ONU, en est une des illustrations. C’est dans cette optique qu’il convient d’envisager et d’exiger une administration onusienne intérimaire aujourd’hui en RDC. Elle constituerait le serein passage quêté entre le régime kabiliste d’occupation et la construction d’un Etat de droit ; en mettant à profit ce temps de transition pour réhabiliter les institutions publiques fiables et organiser des élections crédibles.

 

En RDC, malheureusement, le Rwanda a su machiavéliquement habiller l’occupation d’un pseudo pouvoir autochtone ; qu’il est désormais urgent de dénoncer avec plus de fermeté que ne le font certains ; tout en requérant les voies et moyens de le liquider au plus vite possible. La pirouette de l'administration onusienne intérimaire est d’autant plus appropriée qu’elle est la plus à même de suppléer aux défaillances militaires et diplomatiques congolaises pour radier une anomalie qui tend à s’enraciner et se donner les moyens de se réapproprier le Congo. Mais elle risque de s’exposer à la résistance, voire à la sanction irréaliste, des relents nationalistes.

 

  1. La stratégie politique de désaveu : institutions politiques parallèles

 

Illégitime par essence et par son histoire, le régime kabiliste s’est également lui-même empêtré dans une illégalité dont il a maille à se défaire pour le moment. Plutôt que de le crier allégrement et continûment sur tous les toits, l’heure est venue d’exploiter stratégiquement cette grande faiblesse du régime désavoué. La stratégie elle-même consisterait, à l’instar de l’Administration centrale tibétaine en exil, à mettre en place des institutions politiques parallèles à partir de l’étranger et dans le cadre d’une société civile fédérative de toutes les forces vives de la Nation. On leur confierait ensuite la mission d’opérer une transition politique consensuelle vers des élections libres, transparentes et crédibles. Partant de la synthèse opérationnelle de ce qui a été opéré respectivement à Genval et à Chantilly, la CCE se propose de mobiliser les moyens logistiques, politiques et diplomatiques nécessaires pour organiser les assises de haut niveau dont émergeraient ces institutions à même de contester publiquement et officiellement aussi bien la légitimité que la légalité au régime kabiliste. Habituée à travailler dans la grande transparence, la CCE miserait sur le prétexte des Etats généraux de la Société civile congolaise pour réunir, selon des critères précis, toutes les forces vives de la Nation.

 

Par la quête d’un Front patriotique commun, vers la réorganisation de la société civile congolaise

 

C’est de ces Etats généraux de la Société civile que sortirait le Front patriotique commun que beaucoup de Congolais souhaitent de tous leurs vœux. Toutefois, il ne s’agira alors ni d’un nouveau parti politique, ni d’une plate-forme des partis politiques, ni d’un autre mouvement citoyen ; mais d’un consortium à plusieurs fronts symbolisés et illustrés par les institutions respectives de transition, entre autres :

  • une autorité politique morale de transition ;

  • une Chambre parlementaire unique ;

  • un Gouvernement de salut public ;

  • une Commission Électorale Nationale ;

  • un Conseil constitutionnel ou une Cour suprême de justice ;

  • des chefs des missions diplomatiques auprès des principaux pays partenaires du Congo.

 

L’opération ne déboucherait sur une issue heureuse que si elle réussit à trouver un pays où siégeraient dans de bonnes conditions, à l’instar de l’Administration centrale tibétaine en exil, ces institutions politiques de transition, le gouvernement de salut public notamment.

 

Il est vrai que des candidats ne se bousculeront pas aux portillons ni pour accueillir les assises des Etats généraux de la Société civile congolaise visant des objectifs politiques aussi clairement définis, ni pour héberger les éventuelles institutions politiques de transition issues de telles assises. Ces deux étapes ne seront pas les moins redoutables des objectifs visés. Mais si les jeux en valent la chandelle, il serait ridicule de ne pas essayer. Quoiqu’il en soit, tenues dans le schéma décrit ci-dessus, les assises des Etats généraux de la Société civile congolaise déboucheraient forcément sur le Front patriotique commun tant recherché et, implicitement, sur le rassemblement, la cohésion et la réorganisation désirée de la société civile congolaise.

 

Fait à Genève, le lundi 4 décembre 2017

 

Au nom de la Convention des Congolais de l’Étranger (CCE),

 

 

le Haut-Commissaire chargé de l’Administration et Stratégies                       la Présidente
Dr. Mike Justin Kabongi Alimasi                                                           Séverine Tshimini Mbuyi