Attentes de la CCE face la rencontre avec CEFOCK

RENCONTRE DE PARIS AVEC LES ELUS CONGOLAIS

 

 

1. LIMINAIRE

 

Pourquoi organiser cette rencontre entre laConvention des Congolais de l’étrangeret les élus d’origine congolaise ? La Convention des Congolais de l’étranger, au lendemain de sa création, s’est dotée d’une « feuille de route » approuvée par tous, tenant lieu de programme d’action de son projet jusqu’à nouvel ordre, feuille de route dans laquelle, d’une manière générale, des rencontres sont prévues avec les différents corps de métiers – et les élus politiques n’en constituent pas des moindres. Ainsi, en allant à la rencontre des élus d’origine congolaise, la direction de la Convention ne fait rien d’autre qu’appliquer sa feuille de route. Au cours de l’année 2015 qui vient de s’achever, la Convention a fait œuvre utile en matière de relations publiques en vue de se faire connaître, de pédagogie et de conscientisation en direction de notre communauté, à travers l’organisation des colloques, pour l’aider à mieux percevoir le message de rassemblement autour de l’œuvre à bâtir ensemble. Tout en continuant sur la même lancée, l’année 2016 sera davantage consacrée à des actions de terrain censées nous mettre à l’unisson avec tout le peuple congolais eu égard aux défis et enjeux électoraux capables de changer son destin.

 

Quel est le bien-fondé de la démarche ? Outre d’autres types d’action que la Convention entend mener en priorité pour poursuivre la réalisation de ses objectifs, la rencontre avec les élus reste motivée par la conviction qu’ils ont une contribution à apporter à cet effet : leur expertise, expertise au sens de compétences et expériences à même de dynamiser l’action communautaire que nous voulons impulser en vue d’un mieux-vivre. L’on ne saurait comprendre le sens profond de notre démarche sans se placer dans l’optique même des raisons qui ont impérieusement milité en faveur de la création de la Convention : rassembler les Congolais de la diaspora autour d’une organisation faîtière parce que l’union fait la force d’une communauté où il y a collaboration à des objectifs communs ; prévenir et lutter contre leur isolement dans les pays respectifs où ils résident de telle sorte que, grâce aux mécanismes organisationnels ainsi instaurés qui mettent à contribution les talents de tous, ils soient encore mieux préparés et mieux armés pour réussir l’intégration sur place ; rompre la glace de la méfiance et des opinions stéréotypées qui circulent entre les Congolais et sur eux, empoisonnent les relations communautaires et extracommunautaires, favorisent le repli sur soi et empêchent notre communauté, dans le monde « ouvert » d’aujourd’hui, de prospérer en préservant son identité ; créer un lobby citoyen pour défendre les intérêts du Congo auprès des institutions internationales et partout où ils doivent l’être ; renforcer et améliorer les structures de solidarité qui existent déjà entre la diaspora et le Congo ; créer des réseaux de partenariat et de coopération entre le Congo et nos pays de résidence respectifs, en vue de renforcer les capacités d’émergence de notre pays. A les résumer, en somme, comme l’on peut s’en rendre compte, ces objectifs obéissent, chez les initiateurs de la Convention, à un double souci : le souci de bâtir une solidarité organisée entre les membres de la diaspora congolaise en vue de mieux les outiller face aux problèmes d’intégration, le souci d’entretenir une solidarité durable et efficace avec le Congo en vue de contribuer à son développement.

 

L’enjeu de l’intégration. D’emploi à la fois polysémique et polémique, le terme « intégration » appartient à cette panoplie de vocables dont les sciences sociales aimeraient bien se débarrasser à condition d’en trouver des meilleurs. Son usage négatif est trop souvent tourné vers des schémas idéologiques qui divisent les communautés, en renvoyant aux stéréotypes et autres représentations fantasmées qui exacerbent les peurs et les passions dans les rapports humains, et flattent en nous le côté sombre de notre nature. Ce n’est pas sans raison que des logiques politiques de l’extrême droite, en Occident notamment, reposent tout entières sur l’échafaud de sa puissance évocatrice. Mais une fois cette page tournée, parce que derrière le mot il y a toujours la chose, ce vocable a, en sociologie, une portée opératoire intéressante pour laquelle nous l’employons ici : sa capacité à rendre compte en amont, d’une manière empirique débarrassée des « a priori » moraux, de l’ensemble des problèmes qu’engendre la coexistence dès lors que les êtres humains appartenant à une communauté donnée, sont appelés à vivre dans un environnement social autre que le leur propre.

 

Partout, la condition d’immigrés que vivent nos compatriotes de la diaspora peut générer des tensions entre eux et les autochtones. Elle est même souvent source d’incompréhensions, de conflits et de clichés négatifs dus à la méconnaissance les uns des autres aussi longtemps que le processus d’intégration, à travers des mécanismes de rencontres réciproques qui peuvent être mis sur pied, ne s’enclenche pas. Ce genre de situation, si elle perdure, peut bloquer toute possibilité d’épanouissement pour les immigrés, en les condamnant au repli communautaire. Mais les Congolais immigrés eux-mêmes, où qu’ils résident, font partie d’une communauté en quête d’images positives et de reconnaissance par les communautés hôtes en tant qu’acteurs à part entière de l’édification d’une société pluriculturelle à laquelle, grâce à leurs efforts, ils apportent leur part de progrès. Seulement, à la différence d’autres communautés comparables, ils manquent la culture de rassemblement dans des structures associatives pour défendre d’une manière plus efficace ensemble leurs intérêts et leurs droits, outre le fait de s’entraider à assumer leurs devoirs. Quand bien même ils peuvent mettre à contribution l’existence des services sociaux pour les accompagner dans leurs difficultés existentielles, encore faut-il qu’ils aient l’information préalable pour les identifier afin d’y faire recours. Bref, pour réussir l’intégration, cela présuppose une organisation de quelque manière que ce soit. La Convention des Congolais de l’étranger a été créée à cette fin. Une bonne organisation est à même d’aider les Congolais à sortir de l’isolement social, en les ouvrant à l’information et à un large éventail de services promoteurs de l’intégration : services administratifs et juridiques, services sociaux et de santé, réseautage pour l’emploi, etc. Une bonne organisation contribuerait à approcher les Congolais des autres communautés et à favoriser des relations intercommunautaires débarrassées d’idées préconçues.

 

L’enjeu du développement. Le Congo revient de loin, après 32 ans de dictature, deux guerres meurtrières et plusieurs rébellions sanglantes dans les Kivu, le Haut-Congo et le Katanga. Résultat : après 55 ans d’indépendance, le sous-développement se développe et le progrès social ne pointe pas à l’horizon ; la mauvaise gouvernance, dont la corruption reste la face visible, aura eu raison des efforts entrepris pour sortir le pays de la très grande pauvreté, en dépit de sa taille critique qui fait des jaloux (81 millions d’habitants, immenses ressources du sol et du sous-sol, faune et flore d’une variété exceptionnelle, cours d’eau assurant des réserves plus qu’abondantes). Le Congo est un pays en reconstruction nécessitant d’immenses capitaux pour son développement. Les infrastructures de base font défaut. L’économie, mal organisée et pas du tout diversifiée, reste gangrenée par la mauvaise gestion. L’insuffisance et la vétusté des structures sanitaires à travers tout le pays, l’extrême dureté des conditions de vie de la population, l’insuffisance et la cherté d’accès aux centres scolaires laissant sur le carreau plus de 7 millions d’enfants en mal d’enseignement de base, la place occupée en bas de l’échelle dans tous les classements internationaux, plus d’autres situations de ce genre encore pour ne pas épuiser la longue liste des malheurs, forment là les éléments d’un constat indéniable qui font du Congo aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde ! Comme on peut le constater, l’immense défi du développement ne saurait ainsi être relevé dans notre pays qu’au prix d’investissements massifs dans un partenariat économique public-privé.

 

Force est donc de reconnaître qu’en matière de promotion du développement, les élites politiques sont à la peine depuis 1960, enchaînant année après année des contre-performances. Relever ce constat ne revient pas nécessairement à les vouer aux gémonies. Le Congo, notre pays, est un géant à genoux, malgré ses ressources minérales et les talents de ses hommes. D’aucuns pensent qu’il est mis en coupe réglée par des forces maléfiques extérieures, occidentales et africaines. Nous pensons que la responsabilité première du décollage de notre pays n’incombe qu’à nous-mêmes Congolais. Il importe pour cela de bâtir une économie forte. Pour avoir une économie forte, il faut la démocratie et un Etat de droit. Si de bons signaux sont envoyés aux investisseurs, notamment étrangers, le Congo peut décoller à tout moment, dans toutes les provinces. Pour relever ce défi du développement, qui s’apparente désormais à un jeu d’échecs, il est temps que la diaspora congolaise pense aussi à pousser ses pions. Au sein de la Convention des Congolais de l’étranger, nous restons convaincus qu’une diaspora organisée, de par le réseautage qu’elle est capable de créer à l’extérieur aussi bien au niveau individuel qu’institutionnel, peut jouer un rôle moteur et irremplaçable dans le développement économique de notre pays, en y favorisant la promotion des investissements étrangers.

 

Pourquoi commencer notre démarche avec les élus plutôt qu’avec un autre corps de métiers ? Pourquoi cette priorité ? Les élus, partout, exercent une noble fonction sociale qui les met en évidence et fait d’eux des « personnalités publiques » ayant non seulement une grande visibilité dans la communauté mais aussi une respectabilité que même les épreuves ne sauraient remettre en question. La noblesse de la fonction politique est d’abord liée à son essence même, en tant que fonction de coordination de toute l’action sociale, dans ses aspects disparates et souvent antagonistes, en vue de faciliter le vivre-ensemble et de créer, dans la paix et la concorde, les conditions du bonheur pour tous. Nous pensons donc que les élus, dans les différents pays étrangers où vivent les Congolais, en leur qualité de professionnels de la chose publique, sont comme un carrefour vers lequel convergent les différents problèmes que connaît notre communauté diasporique. La fonction d’élu, quel que soit l’échelon, fournit les instruments d’une meilleure connaissance de la situation d’une communauté, dans la mesure où elle s’exerce en lien avec les divers services administratifs et les institutions étatiques, d’où remontent toutes sortes d’information, description et autres statistiques utiles. Nous restons convaincus que les élus d’origine congolaise, partout où ils prestent, sont les mieux placés à la fois pour dresser l’inventaire complet de nos problèmes communautaires liés à l’immigration et pour impulser une recherche de solutions idoines.

 

Nous avons dit que l’honorabilité de la fonction politique repose sur l’importance de sa mission, comme lieu de coordination de toutes les activités humaines au sein de la société en vue du bien-être de tous. Nous serions incomplets si nous n’ajoutions pas que cette honorabilité est aussi fonction de l’enjeu même de la politique. Le plus souvent, de tout temps, la prospérité d’une nation, d’une société quelle qu’elle soit n’est rien d’autre que la résultante d’une interaction harmonieuse des activités de tous ses membres par l’entremise du politique. L’action associative elle-même, par exemple, n’est possible que si elle s’insère dans les interstices de la vie citoyenne rendue possible par le champ politique. En ce sens, elle s’exerce en tant que complément de celui-ci. S’il est donc convenu d’admettre que rien de durablement bon ne se réalise dans la société en dehors de cette sphère, nous devons aussi reconnaître, conséquemment, que le malheur des peuples résulte de la mauvaise gouvernance de ceux-ci par ceux qui en ont la charge.

 

Cela nous ramène directement à la situation du Congo. Voilà un pays, « indépendant » depuis 55 ans, avec une superficie enviable, beaucoup de ressources du sol et du sous-sol (minerais stratégiques, cours d’eau abondants, ressources énergétiques de premier plan, faune et flore variées), une population dynamique estimée aujourd’hui à 81 millions d’habitants, mais où le progrès social ne se fait pas et qui se trouve parmi les plus pauvres du monde ! A qui la faute ? Nous savons tous que la première responsabilité de cette triste situation incombe incontestablement aux dirigeants politiques congolais, véreux, qui n’ont pas su jusqu’à présent gérer le pays en bons pères de famille. Les Congolais aspirent au changement aujourd’hui dans leur très grande majorité. Ils comptent sur les élections annoncées en cette année 2016 pour l’obtenir démocratiquement, à travers une alternance de gouvernance. Mais ils sont inquiets en même temps, parce qu’ils ne savent pas si ces élections auront bel et bien lieu, à cause des manœuvres dilatoires du pouvoir en place. C’est en rapport avec cet enjeu du destin national qu’il nous semble que l’action concertée des élus d’origine congolaise s’avère irremplaçable, aujourd’hui plus que jamais. Il leur est demandé de rivaliser d’initiatives de pression pour faire échec aux forces du mal, qui ont intérêt à ce que les élections soient ajournées sine die dans le but machiavélique de la conservation du pouvoir par le statu quo. Notre peuple attend de tous ses fils et de toutes ses filles, en particulier des professionnels de la politique, où qu’ils se trouvent dans le monde, qu’ils travaillent la main dans la main avec les forces vives de la nation qui se battent sur le terrain, dans des conditions chaque jour de plus en plus difficiles, pour que la gouvernance du pays connaisse une alternance susceptible d’incarner le changement souhaité. Nous avons foi en nos élus, nous initiateurs de cette rencontre. Et c’est parce que nous avons foi en eux, au vu de l’importance de leur fonction dans le corps social, que nous avons l’honneur de leur réserver ainsi en quelque sorte la primeur du contenu de notre longue démarche auprès de nos compatriotes.

 

Une précision s’impose en ce qui concerne la ligne éditoriale de la Convention, c’est-à-dire l’orientation générale de notre projet. Car, au fil du temps, force est de constater qu’elle n’est pas toujours bien comprise en dépit de multiples explications que nous avons déjà données à de différentes occasions. Qu’à cela ne tienne ! Bien qu’il nous arrive de nous intéresser – et c’est même fréquent – à la politique de notre pays – parce que cela ne peut pas être autrement – en tant que citoyens, nous appartenons avant tout à la société civile congolaise, dont nous considérons que nous sommes le prolongement à l’extérieur. Ce statut signifie que la Conventiondes Congolais de l’étranger n’est pas un parti de plus dans le paysage politique national où il existe déjà une pléthore inqualifiable ! Cela signifie aussi que la Convention n’est pas dans un quelconque jeu d’alliance avec la majorité au pouvoir ou l’opposition. Quiconque analyse en toute objectivité la situation de notre pays à partir de sa trajectoire historique, se rend vite compte que le mal congolais prend sa racine dans les antivaleurs institutionnalisées, érigées en mode de gouvernance du pays, dont la nécessaire éradication souhaitée tarde à se faire, parce que la classe politique, toutes tendances confondues (majorité comme opposition), responsable de cette situation au premier chef, se sucre sur une activité politique ainsi dévoyée, ainsi détournée de sa mission propre ! Dans tout cela, il n’y a nul doute que c’est toujours le peuple qui trinque.

 

Face aux défis et aux enjeux liés aux élections qui doivent être organisées cette année, si les exigences constitutionnelles sont respectées, nous pensons que c’est le destin de notre pays, c’est-à-dire en définitive de nous tous, qui se joue. La diaspora doit occuper toute sa place dans la règle du jeu, en tant que composante à part entière de la communauté nationale, pour orienter ensemble avec les autres forces vives de la nation, notre destin collectif dans la bonne direction, c’est-à-dire celle de la promotion du bien commun, de la justice et de la prospérité pour tout le peuple congolais. Pourquoi alors au demeurant nous reproche-t-on parfois d’être très critiques vis-à-vis de la majorité au pouvoir ? Si nous le sommes, c’est simplement parce qu’elle est actuellement aux manettes de l’Etat congolais. A nos yeux, cela ne gage en rien un quelconque soutien ou blanc-seing accordé à ceux des responsables politiques qui se disent appartenir à l’opposition et dont on ignore jusqu’à leurs projets de société. Ceux-ci d’ailleurs, outre la carence d’idées et d’offre politique crédible qui les caractérisent, sont, à l’instar de leurs semblables de la majorité, trahis malgré eux par leur comportement véreux. Il importe donc de lever ces malentendus qui sèment la confusion dans les esprits. Que les choses soient claires une fois pour toutes : dans notre pays, le pouvoir est critiquable pour tout ce qu’il ne fait pas ; de même, l’opposition est aussi critiquable pour tout ce qu’elle ne fait pas ; mais la responsabilité de l’un et de l’autre n’est pas symétrique. La Convention des Congolais de l’étranger est composée des membres dont les penchants politiques sont le reflet de ce qu’ils sont au sein de notre communauté nationale elle-même, c’est-à-dire divers. Il n’y a donc pas monolithisme. Mais, chaque fois, quand il le faut, nous sommes toujours capables de lever des options convergentes pour défendre les intérêts de notre peuple. Le bien commun est notre seule boussole.

 

2. ORDRE DU JOUR

 

Cet ordre du jour est conçu dans le prolongement des réflexions qui viennent d’être faites. Il entend ainsi relever, autour de quelques points, les idées-forces du projet de la Convention des Congolais de l’étranger qui peuvent faire l’objet d’échanges avec les élus de notre communauté lors de la rencontre de Paris. De notre point de vue, il entend aussi, à travers cette présentation de notre vision, indiquer la manière dont nous concevons une collaboration fructueuse et efficace avec eux - quitte peut-être à la discuter – face au caractère exceptionnel de cette année 2016 dans le destin de notre pays. En voici les matières :

 

2.1. Les élections attendues normalement au cours cette année au Congo tiennent le peuple en haleine, le ballottant entre espoir et inquiétude ; car, il voit le temps passé sans qu’un chronogramme consensuel du cycle électoral ne soit jusque-là établi. Si l’on veut que ces élections soient réellement apaisées, transparentes, démocratiques et crédibles, il faudrait maintenant mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu afin qu’elles puissent encore être organisées selon les standards internationaux.

 

2.1.1. Comment les élus d’origine congolaise, au sein de notre communauté diasporique, se positionnent-ils par rapport à cette gravissime situation ?

 

2.1.2. Comment entendent-ils organiser la pression à exercer (s’ils en conviennent) sur les hommes et les femmes politiques congolais, qui sont responsables du blocage actuel du processus, afin que les élections aient lieu dans le respect des contraintes constitutionnelles ? En termes de stratégie ? En termes de moyens fonctionnels ? En termes de temps ? En termes de collaboration à nouer avec le terrain au Congo ? En termes de lobbying auprès des puissances extérieures ?

 

2.1.3. Sous la houlette de la Convention des Congolais de l’étranger, comment pouvons-nous ensemble nous organiser pour obtenir chacun de nous, cette fois, le droit d’élire et d’être élu au Congo ?

 

2.1.4. La démarche consistant à nous rétablir dans nos droits civiques et politiques jusque-là bafoués nous a été promise lors des « Concertations nationales » passées. Mais cela pose aussi des problèmes, notamment pour ceux d’entre nous qui ont perdu la nationalité congolaise lors de l’acquisition de celle de leur pays de résidence, parce que, pour que la loi change, la Constitution doit être révisée. Comment allons-nous nous y prendre en vue d’obtenir le résultat escompté pour l’ensemble des membres de notre communauté diasporique ?

 

2.2. Selon notre Constitution, le Président de la République est la clé de voûte du système politique congolais, dans la mesure où il est le garant de son bon fonctionnement. Ce qui explique, entre autres, pourquoi cette fonction est tant convoitée. Comment nos élus vont-ils procéder pour battre campagne, c’est-à-dire ici conscientiser l’opinion en faveur de la meilleure offre politique possible, une fois que le calendrier électoral sera connu ?

 

2.2.1. A quels critères peut-on d’ailleurs reconnaître, en matière de l’élection présidentielle, ce que nous appelons « une meilleure offre politique possible » ?

 

2.2.2. Selon nous, compte tenu de la situation, un bon programme présidentiel devra s’attaquer aux priorités suivantes :

 

10 La lutte tous azimuts contre la corruption, la concussion, la mauvaise gestion, l’impunité et autres antivaleurs, ce qui implique de donner à la justice les moyens de fonctionnement conséquents ;

20 L’amélioration des conditions de vie de la population (le social du peuple congolais) ;

30 La réduction du chômage massif des jeunes ;

40 Assurer la gratuité de l’enseignement de base pour tous (il existe actuellement plus de 7 millions d’enfants non scolarisés au Congo !) ;

50 La sécurité de la population (mettre fin à la guerre sur toute l’étendue du territoire national, comportement citoyen et républicain de toutes les forces de l’ordre et de sécurité) ;

60 Le respect des droits humains ;

70 Une réelle séparation des pouvoirs dans notre pays, comme la Constitution le prévoit.

 

Nota bene. Dans notre entendement, cet ordre d’exposition n’est pas à nos yeux programmatique, ce sont par contre les matières qui le sont (qui devraient l’être).

 

2.2.3. En se référant à ce qui précède, nos élus partagent-ils notre point de vue sur les priorités programmatiques d’un projet présidentiel telles que nous les avons conçues ? Sinon, que proposent-ils à la place ?

 

2.2.4. Au Congo beaucoup plus que dans d’autres pays, le fossé entre le peuple et les dirigeants, entre les gouvernés et les gouvernants est très béant. La médiocrité de notre classe politique est même à l’origine de la crise que nous connaissons. Le peuple, méfiant, ne sait à quel saint se vouer. Pour recréer un climat de confiance, quelle stratégie nos élus entendent-ils mettre en œuvre pour obliger – disons plutôt inciter – les candidats aux élections à tenir parole une fois élus, c’est-à-dire à ne pas décevoir une fois de plus notre peuple, à ne pas trahir ses aspirations légitimes ? En particulier le prochain Président de la République ?

 

2.3. Les élus sont des professionnels de la chose publique. Ils ont la possibilité, de par leur métier, de connaître les problèmes spécifiques des communautés dont ils ont la charge. Quelle perception générale nos élus ont-ils de la problématique de l’intégration qui touche les immigrés congolais, au-delà des singularités inévitables générées par les spécificités nationales des pays d’accueil ?

 

2.3.1. Y a-t-il une typologie des problèmes d’intégration qui peut se dégager de l’expérience des uns et des autres ? Comment pouvons-nous aider les Congolais à trouver des solutions ?

 

2.3.2. De notre point de vue, nous pouvons relever dans notre communauté les problèmes récurrents suivants, qui préoccupent les Congolais :

 

10 Le chômage ;

20 L’encadrement des enfants, en rapport avec les études (ou la formation) et la transmission de l’héritage culturel congolais ;

30 Le soutien matériel de la famille au Congo ;

40 Les difficultés liées au troisième âge dans un environnement culturel différent du nôtre ;

50 L’isolement social à cause de la méfiance qui règne entre nous et nous empêche de construire une vie communautaire normale, à l’instar des ressortissants d’autres communautés de pays comparables (Mali, Ile Maurice, Cap Vert, etc.).

 

2.3.3. Partagez-vous ce point de vue ? Avez-vous un point de vue différent ? Lequel ?

 

2.3.4. En matière de difficultés inhérentes à la vie d’immigration en tant que telle, que toutes les communautés comparables à la nôtre (nous entendons par là : africaines) connaissent, existe-t-il, selon vous, une spécificité congolaise qui entraverait peut-être l’intégration ? Si oui, comment alors y faire face ? En termes de stratégie ? En termes de moyens ?

 

2.4. Un résumé doit être fait par le secrétaire de la séance sur tous les sujets de la rencontre si cet ordre du jour est accepté, y compris sur d’autres matières de nature à l’enrichir, pas prévues au départ dans ce schéma mais qui peuvent toujours être ajoutées séance tenante, si elles font l’objet d’un large consensus. Ce résumé, présenté oralement à l’assemblée, doit requérir aussi, pour être adopté, l’assentiment de celle-ci, de manière à figurer dans les documents officiels de notre Convention.

 

2.5. Les faits divers. Nous entendons par là qu’au terme de nos discussions, avant de clôturer la séance et de nous séparer, un temps soit consacré, le cas échéant, au traitement pêle-mêle des matières variées, n’ayant pas forcément un lien direct avec les points à l’ordre du jour, dans le souci légitime de renforcer la collaboration entre nous. Tout peut être mis sur la table en toute confiance et sans tabou.

 

 

 

Bonne année et meilleurs vœux à tous !

Genève, le 5 janvier 2016.