A propos du découpage territorial en RDC !

Face aux enjeux de la mondialisation, la décentralisation ramera le Congo dans l’impasse. En France, on est plutôt en train de réduire le nombre de ses provinces et les autorités ont mis deux ans de préparation avant de passer à l’acte. Alors que le monde avance, le Congo ne fait que reculer

  • Au sommet de l'aberration avec la décentralisation territoriale !

    Décentralisation territorio-administrative en cours en RDC,
    un atout ou une impasse ?

    2eme partie
    Par Mr. Patrick Mboyo, journaliste chroniqueur et
    chargé des Travaux à l’université de Paris Sarclay


    Démembrement des provinces

    Tout ce qui s’est fait dans le cadre du démembrement peut être validé juridiquement parlant. Monsieur Mboyo se base sur l’expérience de la France qui est entrain de réduire le nombre de ses provinces.

    Il cite les reformes territoriaux qui ont eu lieu au Congo en 1914, 1933, 1941. Avec le dernier démembrement, le Congo était passé de 6 à 11 provinces.


    Quelques points principaux :

    1. le démembrement est un concept du droit civil qu’on a appliqué au droit administratif. Cela passe très mal.
    2. Passer de 11 à 26 provinces alors qu’on n’est pas prêt et que les agents ne sont pas encore formés, c’est une aberration. c’est dépenser l’argent inutilement et mettre la dette sur la tête du contribuable. La France a fait deux ans de préparation avant de passer à l’acte. Au Congo, les autorités sont pressées alors que toutes les conditions ne sont pas réunies.

    Pour réussir il faudrait :

    Que les provinces soient cohérentes et qu’elles puissent se distinguer en interne et à l’étranger sur le point de vue :
    - démographique
    - densité
    - économique : considérer le PIB et la croissance de la province par rapport à ses voisines
    - la comparabilité avec les provinces voisines.


    Face aux enjeux de la mondialisation, la décentralisation ramera le Congo dans l’impasse. Alors que le monde avance, le Congo ne fait que reculer

    Conclusion : maintenir les 11 provinces actuelles

  • Réhabiliter l’Etat avant de penser à la décentralisation !

    Décentralisation territorio-administrative en cours en RDC,
    un atout ou une impasse ?

    1ere partie
    Par Mr. Kerwin Mayizo, journaliste RFI


    Bilan de ce que l’Etat congolais a fait : Il a défailli tout simplement.

    Le conférencier se pose la question suivante: Peut-on faire une décentralisation dans un Etat en faillite ?

    Diagnostic de l’Etat congolais pour le 15 dernières années

    Monsieur Kabila est arrivé au pouvoir par un coup d’état. Les élections ont eu lieu après, à la grande satisfaction des acteurs internationaux car ils ont à la tête du Congo la personne qu’ils ont souhaitée. Par contre, la population a dénoncé la tricherie. C’est Monsieur Bemba qui a gagné ces élections.

    En 2011, les élections ont été caractérisées par des intimidations sous toutes les formes. Les résultats étaient frauduleux. Le président et le parlement étaient illégaux.

    Conséquences :
    - bradage des matières premières
    - le Congo est colonisé par la communauté internationale. Dans un pays souverain, il n’y a jamais d’autre pouvoir au-dessus du président, s’exclame t-il,
    - le pays a perdu une grande partie de son territoire : une Partie de Kahemba est spoliée par l’Angola. En Ituri, l’Uganda se comporte en maître sur un territoire conçu, à Kisangani, deux armées étrangères s’y battent et le gouvernement ne fait rien.



    Concernant la population :
    - il est présentement difficile de distinguer qui est congolais et qui ne l’est pas. Il faut faire urgemment un recensement.
    - le système de santé est déplorable
    - l’éducation est catastrophique.

    Nous demandons à l’Etat de récupérer les territoires spoliés et de rendre la fonction publique efficace. S’inspirer de l’exemple de la Belgique qui pendant une année
    n’avait pas de gouvernement mais les institutions fonctionnaient très bien.
    - reformer le système de l’enseignement
    - reformer la fonction publique et Justice.
    Au Congo, la fonction publique de Police est trop dangereuse.
    Elle a défailli à sa mission.
    L’armée congolaise est une armée de milices, au service d’un seul individu.


    Conclusion : Réhabiliter l’Etat avant de penser à la décentralisation !

  • Qu’avons-nous fait de l'héritage de Simon Kimbangu ?

    Impact des facteurs culturels sur l’évolution de la société congolaise

    Par Ferdinand Ilunga, Philosophe et Théologien

    Monsieur Ilunga a commencé sa présentation en citant une célèbre phrase de Desmond Tutu : ….

    1. Définition de la culture

    "La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié"….

    Pour sa part, monsieur Ilunga préfère la définition de l’UNESCO :
    "«La culture, dans son sens le plus large est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.»

    - Existe-t-il une hiérarchie de culture ?
    - Existe-t-il un peuple culturellement destiné à réussir ?

    Non, il n’y a pas de suprématie de races..

    2. Spécificité de la culture africaine (subsaharienne)

    La culture subsaharienne est caractérisée par les quatre éléments suivants :
    - la joie de vivre
    - la solidarité
    - le sens religieux
    - le dialogue

    • Les aspects religieux

    Les congolais devraient éviter que la joie ne devienne une euphorie qui cache les soucis et les inquiétudes.

    Que la solidarité ne se transforme pas en une forme d’exploitation des uns par les autres.

    Monsieur Ilunga fait référence à Monsieur Kamana qui a parlé du christianisme de « l’imbécilisation ».

    Le religieux dans le drame de la société congolaise :

    Trois témoins :

    1. Les églises traditionnelles
    2. Les églises historiques
    3. Les églises de réveil

    Il a brièvement parlé de Simon Kimbangu et son action anticolonialiste, en insistant sur sa dernière prophétie dans laquelle il parle de sa prochaine humiliation corporelle et de sa personne spirituelle.

    Qu’avons-nous fait de cet héritage 55 ans après ?

    Ce mouvement a été vidé de cette prophétie. Le conférencier a fait allusion aux fils du prophète Kimbangu qui s’étaient lancés dans la lutte pour le pouvoir.

    - L’Eglise catholique, Protestante et l’Islam entretiennent des relations ambiguës avec le pouvoir. Pourtant, dans le temps, l’Eglise catholique était le défenseur du peuple. Les missionnaires s’étaient toujours battues pour le bien de la population congolaise (référence faite au feu Cardinale Malula).

    Le conférencier appelle cette Eglise à faire plus.

    Les Eglises dites de réveil

    - Les gens s’y rendent pour un renouveau charismatique
    - Pour trouver une prospérité matérielle

    Malheureusement ces Eglises professent un Dieu qui viendra faire des miracles au lieu d’inviter les gens à travailler. Le conférencier invite ces Eglises à pratiquer une théologie responsable et une philosophie de destin.

    Conclusion

    Plusieurs compatriotes ont trahis les idées des pères de l’indépendance.
    Tous les congolais doivent adopter le sens du devoir de mémoire et de résistance.