20. juil., 2015

Religiosité excessive entraîne en son sillage des utopies et des naïvetés aux effets désastreux

Aux côtés de l’historien Mobe, le Colloque de Luxembourg a révélé d’autres approches et, surtout, mis en exergue la fraîcheur et la jeunesse intellectuelles prêtes à régénérer, au haut niveau, l’intelligentsia congolaise par la pensée culturelle, économique et politique. Ainsi, avec un brin de sarcasme, Ferdinand Ilunga s’est montré préoccupé par la religiosité de plus en plus envahissante, qui paralyse la société congolaise en la détournant parfois d’urgents impératifs de l’heure. Une religiosité si excessive qu’elle entraîne dans son sillage des utopies et des naïvetés aux conséquences désastreuses. Chargé par la France d’enseigner la décentralisation à l’université et de l’appliquer sur le terrain dans l’île de France, Patrick Mboyo a été l’intervenant idéal sur l’un des sujets qui divisent les Congolais. Malgré son très jeune âge, c’est en Professeur d’université qu’il a décortiqué et simplifié le sujet avant de récuser la précipitation avec laquelle le Congo a abordé cette question. Pour lui, l’urgence est ailleurs ! Posant à contre-courant un regard froid sur le processus en cours au Congo, avec le souci de comparaison avec ce qu’il est chargé d’opérer lui-même en France, M. Mboyo relève que face à la mondialisation et à la libéralisation du vaste marché de l’Est africain, le Congo a plutôt intérêt à renforcer ses entités administratives pour bénéficier d’économies d’échelles et affronter la concurrence. S’inspirant du modèle français, il recommande la déconcentration afin de réduire les lenteurs et lourdeurs d'e cette nécessaire centralisation.